Présentations: Auteur

Présentations: Auteur
Pseudonyme: Istalas


Localisation: Belgique



Age: 18ans


Pourquoi ce blog?

Pour le plaisir d'écrire et de faire lire, pour le plaisir de donner des frissons!
En espérant que mes écrits vous plaisent et qu'ils vous donneront encore envie de me lire!

# Posté le mercredi 02 janvier 2008 08:51

Modifié le mardi 16 juin 2009 04:50

Présentation: Fiction

Présentation: Fiction
Je voulais quelque chose que vous n'aviez vu nulle part ailleurs...
Je voulais quelque chose digne des fictions les plus passionantes...


Je voulais quelque chose qui vous prend aux tripes,
Un récit poignant, unique...


Si j'ai réussi?
Ce sera à vous de me le dire!


Découvrez ci bas ce qui est sans nul doute ma fiction la plus appréciée à travers les forums, et pénétrez dans une histoire bien différente que ce que vous avez déjà lu!


"A la recherche de mon identité..."

# Posté le mercredi 02 janvier 2008 09:21

Modifié le vendredi 12 juin 2009 10:26

Chapitre 1: Un réveil agité...

Chapitre 1: Un réveil agité...
A la recherche de mon identité



J'ai mal à la tête. A cause de cela, j'arrive à peine à ouvrir les yeux. Mais je le fais quand même, m'arrachant au passage quelques cils prisonniers des larmes qui se sont solidifiées. C'est comme si je sortais d'un sommeil long de plusieurs semaines.

La seule chose que je vois est en dehors de toutes mes attentes. Tout autour de moi n'est qu'obscurité. Il n'y a pas le moindre signe de lumière.

J'essaye
de visualiser la situation et me rends compte que mes bras longent mon torse et que mes mains se touchent derrière mon dos.
J'aim
erais les séparer, mais quelque chose m'en empêche. Il me faut plusieurs secondes avant dealiser qu'elles sont liées avec une corde qui ronge méchamment ma peau. Je tire sur le lien, mais celui-ci fait souffrir plus encore mes poignets endoloris.

Une question me vient à l'esprit, première d'une interminable série. Où suis-je ?
M
e relever et tenir sur mes jambes me permettrait peut-être d'explorer cette obscurité pour répondre à mon énigme.
Je s
ollicite mes jambes lourdes. Je suis assis dessus.
En tenta
nt de me dégager, je prends conscience que mes chevilles elles aussi sont liées. Quel est donc ce cauchemar ? Je peux à peine bouger !!

Me
s mains touchent involontairement une surface lisse. Ce contact m'intrigue tellement que j'ouvre les mains pour les plaquer sur cette étrange texture.
C
'est dur, comme de la pierre.
C'es
t humide, comme de l'herbe encore pleine de rosée.
C 'est lisse, comme un parquet bien poncé.
C'est
froid, comme de la glace.
En t
âtonnant cette chose dans mon dos, j'émets l'hypothèse que c'est un mur.

Mais ceci ne m'aide pas beaucoup : je ne sais toujours pas où je suis !
C
ette obscurité m'intrigue : peut-être est-ce le néant ...
Non,
au fond, il n'y a pas de murs dans le néant ! Et il n'y a pas de sol non plus. Or, je suis soutenu sous mes jambes !

Me
s membres inrieurs ont beau être en contact direct avec le sol, je n'arrive pas à savoir quelle matière cela peut-être. C'est froid, mais c'est tout ce que je peux ressentir.

Une
idée germe alors dans mon esprit !
Je me mets à me balancer d'avant en arrière, en accélérant progressivement le mouvement.
Pour
finir, je bascule et tombe sur mon front. J'émets inconsciemment un petit son qui témoigne de la douleur et serre les dents. Deuxième conclusion : le sol est dur !
Pl
us dur que mon crâne en tout cas.

Je
frotte ma tête au sol et le touche du bout des lèvres.
Je me fai
s une idée de la matière, mais veux en être certain.
J'
ouvre la bouche, sors ma langue sèche, et lèche le sol.
C'est comme s'il s'effritait...
Mai
ntenant, je n'ai plus aucun doute !
La
consistance, l'odeur, la froideur, l'humidité, ce n'est rien d'autre que de la terre !

Réca
pitulons : Mes poignets et chevilles sont liés, il fait noir, je suis contre un mur et un sol terreux. Mais où ?

Un peti
t bruit attire mon attention : un crépitement.
Je
cesse de bouger et me concentre pour essayer de reconnaître ce bruit. C'est comme si une bestiole grattait la terre ou griffait les murs.
Je pr
ends peur, ma respiration s'accélère, accompagnant les battements de mon c½ur.
Les pe
tits crépitements se retrouvent vite masqués par mes propres bruits auxquels s'ajoutent mes déglutitions. De mes yeux noirs, dilatés par la pénombre, je cherche un faisceau de lumière qui pourrait se détacher du fond froid et macabre.

Tout
de ce lieu me semble insalubre, malsain.
C'est
alors que ma conscience commence à déceler la vérité : je suis prisonnier !
Et enf
ermé avec des bêtes ! En y réfléchissant bien, je dirais même que tous ces crépitements grouillent de partout !

Apeuré,
je pousse un long cri !
Peut-être quelqu'un m'entendra-t-il ?
P
eut-être quelqu'un pourra-t-il me sortir de là !


________________________________________________


Vos impressions sur ce premier chapitre?
J'attends vos commentaires avec impatiente!


# Posté le mercredi 02 janvier 2008 09:32

Modifié le vendredi 12 juin 2009 10:45

Chapitre2: L'angoisse de la survie...

 Chapitre2: L'angoisse de la survie...

En criant, j'ai eu l'impression d'entendre une voix qui m'est inconnue. Mais peu m'importe, je continue à épier les bruits qui m'entourent, en restant muet.
Je
dois absolument découvrir où je suis !

Je so
uffle sur la terre qui s'envole en une fine poussre.

Un
e odeur me prend alors violemment les narines ! Ca sent l'urine à plein nez. Un liquide coule le long de mes lèvres toujours posées au sol. Je passe ma langue dessus pour tenter d'identifier sa saveur, mais je la rentre brutalement, de dégoût ! Je n'ai jamais dégusté ceci, mais je suis prêt à parier que j'ai affaire à ma propre pisse.

Un autre son se fait entendre. Comme de l'eau qui coule ! Cette fois-ci, j'en suis sûr ! Je suis pcisément en train de vider ma vessie.

Un sentiment de soulagement m'emplit, l'espace de quelques secondes seulement. En effet, une fois mon besoin naturel satisfait, je recommence à me sentir rongé par l'angoisse. Mes fonctions vitales sont en danger !

J'ai soif ! Et puis...j'ai faim ! Tout mon corps se réveille petit à petit et se manifeste par toutes sortes de douleurs, mais qui n'équivalent pas celles procurées par la faim et la soif.

Mon
estomac noué gargouille, ma bouche est asséchée...
Depuis combien de temps n'ais-je plus rien avalé ?
Pire ! Depuis combien de temps suis-je ici ?
Et où
suis-je ?

Tant de
questions qui s'accumulent, mais une seule certitude : je suis prisonnier !
Po
ur combien de temps encore ? Peut-être me laissera-t-on pourrir ici !!
L
a peur m'envahit... Je dois vivre, survivre, subsister !

L
'inquiétude de mourir de faim ou de soif est probablement mon plus gros souci pour l'instant. Et alors que j'ai toujours la bouche collée au sol, dans ma flaque d'urine, je me mets à boire.

C'e
st peut-être pour moi la seule façon de vivre encore un peu, et qui sait, peut-être assez que pour pouvoir découvrir où je suis ! J'ingurgite à contre c½ur ce liquide
infâme, mais ma soif ne s'apaise pas !
De plus, le sol est plus rapide que moi et absorbe mon semblant de boisson à une vitesse qui ne me permet pas d'assouvir mes besoins.
Bientôt
, je me retrouve en train de lécher le sol à la recherche de quelques pittoresques gouttes.
J
e commence à pleurer. Peut-être cette situation inhumaine sera-t-elle celle dans laquelle je quitterai ce monde !!

Je l
èche mes larmes salées : je dois gaspiller le moins possible !

Mais
j'ai aussi faim ! Et pour manger, il sera difficile de me procurer de la nourriture à partir de mon propre corps ! Je ne vais tout de même pas mordre dans ma maigre cuisse ! De toute fon, il n'y a pas la moindre viande tendre pour recouvrir mes os.

J
e tais mon chagrin et perçois à nouveau les crépitements.
Qui
est-ce ??

Un
e issue envahit mes pensées...
Certes assez pitoyable, mais j'ai tellement faim !
Pe
ut-être pourrais-je manger les bêtes qui sont avec moi ? Mais comment les atteindre ??

En
frottant à nouveau ma te sur le sol, une nouvelle idée naît dans mon esprit. Je devrais simplement les laisser venir à moi !

Et c'e
st ce que je fis. Feignant d'être inconscient, je sentis vite des chatouillements suspects parcourir mon corps : probablement des petites pattes baladeuses.
Mo
n immobili avait porté ses fruits !

Quelq
ue chose grimpait sur ma cuisse ! D'un habile coup de dents, j'emprisonnai la bête, avant de relever la tête d'un coup sec pour laisser l'étrange animal s'engouffrer dans ma bouche.

Sans me
poser plus de questions, je mordis dedans. Il y avait comme une carapace, très dure et peu savoureuse, à travers laquelle s'écoulait une substance gluante et forte en goût.

J'av
alai la bestiole, avant de m'apitoyer sur mon sort. Même si l'instinct de survie nous porte à faire des choses étranges, je savais que je ne voulais plus manger des choses aussi immondes.

Je repo
sai ma tête au sol avant d'expier quelques grognements. Je n'avais pas avancé dans la résolution de mon énigme.

Soudain, un bruit se fit entendre ! Comme une porte qui claque...

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Est-ce que je continue? Est-ce que je le laisse prisonnier?
Ou est-ce que je fais en sorte qu'on sorte cet individu de là?

# Posté le jeudi 03 janvier 2008 06:08

Modifié le vendredi 12 juin 2009 10:45

Chapitre 3: La rencontre...

Chapitre 3: La rencontre...
Je levai les yeux et scrutai mon environnement. L'obscurité était toujours plongeante. Cependant, je crus percevoir un bruit de pas. Il se rapprochait à grande vitesse. Une lueur étincelante naquit dans mes yeux ! Peut-être allait-on enfin me sortir d'ici !

Je tirai sur mes liens, imaginant que l'espoir qui me faisait renaître libèrerait peut-être mes poignets ; en vain.

Mais je ne perdais pas espoir ! Les bruits de pas étaient de plus en plus distincts. Un bruit de métal grinçant retentit dans la pièce où j'étais. J'observais tout autour de moi, espérant détecter l'endroit d'où venaient ces nombreux sons.
S
oudain ! Une porte s'ouvrit et se démarqua du noir en laissant paraître une faible lumière. Je souris et commençai à exhaler des cris bestiaux afin que l'on se rende compte de ma présence. La porte métallique s'entrouvrit un peu plus. Derrière, une silhouette apparut, une torche à la main.

J'étais
sauvé ! Ma sueur perlait sur mon front ! La joie m'envahissait ! Je vénérais cette personne qui venait me chercher !

La silhouette s'avança dans l'entrebâillement lumineux. Sa torche m'éblouit ! La couleur vive du feu fragilisait ma vue inhabituée. C'était comme si mes yeux n'avaient pas contemplé la lumière depuis plusieurs semaines. Mon mal de tête s'intensifia, mais je n'y prêtais aucune attention. Bientôt, je serais libre !

La pe
rsonne que je qualifiais déjà comme mon sauveur avançait toujours vers moi. Petit à petit se distinguaient divers détails. Cace sous une toge moulante, la silhouette révélait des formes féminines bien marquées : une poitrinenéreuse et des hanches larges.
Une c
hevelure longue et frisée tombait sur ses épaules et luisait comme des fils de cuivre à la lumière du petit feu.
Une él
égante démarche accentuait encore la féminité de ma sauveuse.

L
es larmes coulaient le long de ma joue. J'aurais voulu tendre les bras vers cette personne pour exprimer toute ma joie, mais j'en étais incapable.

Je me contentais de pousser de grands cris accompagnés des trémoussements de mon torse, qui était l'une des seules parties encore mobile de mon corps.
La si
lhouette s'accroupit devant moi, éclairant de la torche son visage allongé. C'était bien une femme, ou plutôt une jeune fille !
Ses yeux bleu azur attiraient mon regard. Elle avait aussi de minces lèvres pincées sous un nez légèrement recourbé.

E
lle m'examina un instant avant de prononcer ces mots :
« Bonjour ! Alors, tu es enfin réveillé ? »
Mo
n c½ur battait à tout rompre ! Cette beauté allait me sortir de ce cauchemar. Adieu ces murs froids et humides, adieu cette terre inconfortable. J'entrouvris les lèvres, mais la jeune femme parla avant moi !

« Je vois, tu ne t'es sûrement pas encore remis de tes émotions ! Ce n'est pas grave ! J'espère que je ne te fais pas peur ! Je vais te sortir d'ici au plus vite ! Au fait, tu peux m'appeler Elie ! »

Il
y avait tellement de sincérité dans sa voix lodieuse que le soulagement m'emplit tout entier. Quel bonheur de savoir que j'allais quitter cette pièce pour m'enfermer entre des murs bien plus confortables et accueillants.

El
ie sortit une lame de sa manche...
«
Je vais te délivrer ! »

Je pris peur à la vue du poignard acéré ! Au fond, je ne connaissais pas cette fille. Peut-être que pour elle, me livrer était synonyme de me faire quitter mon enveloppe charnelle, autrement dit me tuer !

Mes pupilles se rétractèrent sous l'effet de l'angoisse, fixant la main de l'inconnue accroupie en face de moi.

Ell
e leva son bras et le passa dans mon dos. Je serrai mes dents !
Une larme glissa entre mes mains. Je frissonnai. Elle brisa la corde en la caressant avec le poignard.
Mes mains tombèrent au sol, libres.

Je m
assai mon poignet gauche avant de lever les yeux vers Elie. Je la remerciai d'un coup de tête : elle m'avait libéré, je lui en serais reconnaissant à jamais !


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Et une petite suite en plus!
Merci en tout cas pour vos commentaires sur les premières parties
(N'oubliez pas de m'en remettre hein! :p)



# Posté le mercredi 09 janvier 2008 14:16

Modifié le vendredi 12 juin 2009 10:45

Chapitre 4: Trou noir!

Chapitre 4: Trou noir!
«Voilà, Etranger ! »

Ses y
eux brillaient dans la lumière de la torche. Je lui souris avant de lui déclarer avec enthousiasme ce mot qui voulait absolument sortir de ma bouche :

« Merci !
»

Elle prit ma
main et se releva, espérant que je suive son mouvement. Mais mes chevilles étaient toujours liées, et je tombai au sol à ses pieds, allongé à plat ventre sur la terre.

El
le ri, puis s'excusa timidement d'avoir oublié mes jambes.

D
'un geste vif, elle coupa la corde. Je restai couché au sol et bougeai mes jambes sur le sol. Elles craquèrent en fracassant le silence qui régnait. Je me mis ensuite assis, tendis mes jambes devant moi, et massai mes genoux.
Elie me
regardait attentivement, pleine de compassion.

Je me
mis debout pour dégourdir mes jambes. Elles tremblaient tellement que faire un pas devenait dangereux : à tout moment, elles pouvaient céder, laissant le reste de mon corps s'écraser à terre.
M
on genou gauche plia accidentellement, mais à ma grande surprise, je ne tombai pas.

El
ie était déjà venue m'épauler. Elle semblait fort inquiète de mon état. Curieux de connaître les réponses aux questions qui me traversaient l'esprit, j'en posai l'une d'elles.
« Où suis-je ?
»
Elle surs
auta !
« Excusez-
moi, je ne m'attendais pas à vous entendre parler. Vous êtes dans le palais de notre maîtresse, Yasmina, fille du seigneur Dracon, et gouvernante de la vallée des Eaux Noires, en Arabie Saoudite. »

Mes y
eux s'écarquillèrent instantanément ! En Arabie Saoudite ?? Comment avais-je pu atterrir dans cette contrée si lointaine ?
Et qu
elle précision dans ces propos ! J'étais épaté par ce petit bout de femme !
J'étais donc dans un palais ? Mais comment étais-je arrivé ici ?

« Notr
e maîtresse souhaiterait probablement vous rencontrer si elle savait que vous étiez réveillé. Me permettriez-vous de vous la présenter ?
-Ce serai
t avec plaisir »

Elie me f
it signe pour que je la suive. Nous quittâmes la pièce dans laquelle j'avais séjourné pendant une durée indéterminée.

Lorsque ma sauveuse ferma la porte derrière nous, je ne pus m'empêcher de soupirer de joie en me remémorant ce réveil pour lequel je ne garderais aucune nostalgie. J'étais libre !!

Un long
couloir jouxtait la petite pièce. Nous le suivîmes. Elie tenait toujours devant elle la torche qui ne tarderait pas à s'éteindre après s'être consumée, et qui éclairait les murs noirs de saleté. Nous montâmes dans un escalier en colimaçon. Mes jambes manquaient de flancher à chaque marche, mais j'arrivai à l'étage supérieur sain et sauf.

Quelle
ne fut pas ma surprise quand j'aperçus les rayons du soleil ! Ils réchauffaient de magnifiques pavés de marbre s'étendant à perte de vue dans une immense salle, toute décorée de statuettes féminines présentées dans différentes postures. Des colonnes finement taillées supportaient un plafond sculpté pour le plus grand plaisir des yeux. Autour du péristyle, on pouvait observer un jardin coloré, parsemé de petits sentiers cheminant entre des fontaines d'eau claire.

De
nombreuses femmes vêtues de toges rouges dans lesquelles étaient brodés des fils d'or allaient et venaient d'une autre salle située un peu plus loin. La plupart d'entre elles étaient ornées de bijoux, eux aussi en or, qui s'accordaient parfaitement avec leur teint « café-au-lait ».

El
ie avait déjà avancé, et je m'empressai de la rattraper, serpentant entre les ½uvres d'arts exposées, et jurant de ne pas pouvoir leur porter un coup d'½il plus attentif.

Le
s femmes qui m'apercevaient me regardaient toutes de travers, et détournaient la tête lorsque je les fixais. Je compris ces réactions lorsque je me rendis compte que je n'étais vêtu que d'un pagne sale, souillé par la terre.

D'aille
urs, il n'y avait pas que mon linge qui était sale. La peau de mes jambes et de mes bras était recouverte de plaques noires. Je grimaçai même en remarquant que je ne dégageais pas une odeur agréable. Mélange de transpiration, de fermentation, et d'odeur de renfermé : rien d'appétissant.

Je
m'écoeurais de ce parfum nauséabond. Mais je n'eus pas le temps de réagir au fait que je n'étais pas présentable lorsqu 'Elie s'arrêta.

J
e levai les yeux pour observer l'environnement. Nous étions dans une pièce chaleureuse. Des voiles et des rideaux rouges recouvraient les murs et les décorations, donnant à cet endroit une allure typiquement orientale.

Devan
t nous, il y avait un petit promontoir meublé d'un énorme sofa rouge. De nombreuses femmes vêtues d'un semblant de « bikini » portaient leur attention sur une personne allongée de tout son long sur le fauteuil. L'une d'elle apportait notamment une corbeille de fruit, une autre un miroir, une troisième lui démêlait les cheveux.

Elie
fit une révérence, avant de s'adresser à la femme allongée.

« Maîtresse,
je me permets de vous amener l'Etranger. Il est réveillé ! »
Le
s yeux de Yasmina se rivèrent sur moi, me mettant extrêmement mal à l'aise.
« Bie
n, je te remercie Elie !
M
ais dites-moi, Etranger, quel est votre nom ? »

J'ent
rouvris les lèvres et me mis à réfléchir. Quel était mon nom ?
Je
retournai mes méninges dans tous les sens, sollicitant la moindre partie de ma mémoire à la rechercher de la façon dont on me nommait.

« Et bien,
cher Hôte ! Répondez à ma question ! »
Je p
inçai mes lèvres, les mordillai à sang, avant de répondre timidement :
«
Je l'ignore, Maîtresse. »

C
ette réponse lui arracha un rire sardonique, mais elle m'horrifiait de mon côté.
Je vena
is de me rendre compte que depuis que je m'étais réveillé, je n'avais pas pensé à mon passé.

Et le pi
re était là ! Non seulement je n'avais pas de nom, mais je n'avais pas non plus d'histoire ! Je ne me souvenais plus de mon passé ! Comme si je n'avais pas vécu avant, comme si je sortais de l'inconnu...

# Posté le mercredi 09 janvier 2008 14:58

Modifié le vendredi 12 juin 2009 10:44

Chapitre 5: Aux petits soins...

Chapitre 5: Aux petits soins...


J'obser
vais le soleil briller à travers les vitres, ce qui était un moyen pour moi de détourner mon attention du rire de Yasmina.
Je
ne prêtais plus aucun intérêt à ceux qui m'entouraient. Seule me rongeait l'inquiétude de mon passé oublié.

Q
ui suis-je ? Toutes les existences ne sont pas heureuses, mais je préfèrerais avoir un passé d'esclavage que pas d'histoire du tout !

Une v
oix me ramena dans la conversation.
«
Eh bien, Etranger, peut-être qu'un bon bain vous rafraîchirait la mémoire ! Mes servantes vont vous préparer de quoi vous laver et du linge propre !
-Je vous remercie, Maîtresse ! »

L
'une des femmes qui s'occupait de Yasmina descendit du promontoir et me fit signe de la suivre.
J'obéi
s, regardant la brave fille qui portait un enfant. Sa grossesse devait être déjà bien avancée vu la taille de son ventre qu'elle soutenait et caressait tendrement de ses petites mains potées.

Le f
ait de contempler ses gestes me turlupinait l'esprit. J'avais moi aussi eu la taille de ce bébé qu'elle portait, mais je ne me souvenais de rien entre ce moment là et mon désastreux réveil. Avais-je des projets ?

Nous arrivâmes dans une pièce remplie de vapeur d'eau parfumée. Je ne voyais pas beaucoup plus loin que le bout de mon nez, mais suffisamment que pour remarquer devant moi une baignoire de la taille d'une piscine.
« V
oici, faites à votre aise !
-Merci... ! »

La
future mère désignait de la main l'eau fumante. Elle s'éloigna un peu :
« Je
reviens »

J
e ne savais pas exactement ce qu'elle était partie chercher, mais cela ne m'empêcha pas d'enlever pudiquement mon pagne avant de me jeter dans l'eau. Rien que ce contact me donnait l'impression d'être déjà plus propre, épuré d'une grande partie de mes saletés.

Je fr
ottai mes bras, et les plaques noires s'estompèrent en laissant derrière elles des traînées brunâtres. Je plongeai alors ma tête dans l'eau et frottai mes cheveux courts pour les décrasser. Maintenant que le gros du travail était fait, je pris une éponge qui traînait sur le bord de la baignoire et lavai énergiquement ma peau, révélant un épiderme tout propre et doux, comme celui d'une pêche.

«
Etranger, j'ai amené ceci ! »

La f
emme enceinte se tenait au bord de l'eau, avec dans les mains une serviette et un vêtement blanc bien pliés sur lesquels étaient posés un rasoir et un miroir.

Je
sortis, m'essuyai rapidement pour éviter de m'exhiber devant cette inconnue, et enfilai la toge blanche. Elle l'ajusta puis la fixa avec une broche.
El
le approcha ensuite le rasoir de ma joue, et commença des mouvements de vas et viens désagréables : elle n'avait mis aucune mousse, ce qui me donnait l'impression qu'on m'arrachait les poils un par un. Je m'imaginais avec horreur les plaques rouges qui entoureraient mon menton après ce rasage !

Une foi
s fini, elle me tendit le miroir. Je découvris alors mon visage...
En
observant mon reflet, je me sentis triste.
C'ét
ait comme si je n'avais jamais su à quoi je ressemblais, et j'avoue que je ne m'attendais pas à ça !
Ce v
isage ne me rappelait strictement rien !

Des
cheveux courts blond foncés presque bouclés, les joues creuses d'un affamé, une petite barbe bien soignée entre des énormes plaques rouges, un long nez fin, et des yeux noisette évoquant une nostalgie perdue...

Rien
de bien plaisant !
J'avais
même du mal à me donner un âge ! Avec cette barbe, je me disais que je devais approcher la trentaine !

Ma
is étais-ce vraiment le cas ? Ma pilosité peu développée sur le reste de mon corps me donnait en même temps l'impression d'être un gamin d'une vingtaine d'années.

# Posté le jeudi 17 janvier 2008 14:00

Modifié le vendredi 12 juin 2009 10:46