Chapitre 73

Chapitre 73
Le médecin rentre dans la pièce et nous dévisage...
« Ben quoi, et ils sont où les deux autres ? »

Je souris à Gustav qui lève un sourcil.
« Heu, ils sont dans la salle de bains Monsieur, il faut les laisser !
-Il
s se lavent ?
-Ca arrive vous voyez...
-Mais je leur ai dit d'attendre l'infirmière ! Je parie qu'ils ont mouillé leurs bandages ! »


J'
étouffe un rire au fond de ma gorge en observant Gustav, qui semble aussi confus que moi. Les jumeaux risquent de passer un sale quart d'heure si on en croit les menaces!
Le t
ype en blouse blanche se dirige vers la porte de la salle de bains, d'où sort brutalement une chevelure ténébreuse !
Bill lâche les vêtements et les produits de cosmétiques qu'il tient en main en voyant le médecin devant lui. Tout s'écrase au sol dans un fracas assourdissant !
« (Tom) Bill ça va ? »
Le dreadeu
x sort à son tour, vêtu tout comme son double d'un simple boxer moulant !
Ils
se figent tous les deux devant le docteur en baissant la tête, comme le ferait un enfant qui sait qu'il a fait une bêtise !
Je suis asse
z impressionné par la taille des cicatrices qui traversent leur torse ! C'est comme si elles menaçaient de s'ouvrir tant la peau est tendue à ces endroits là !
Derrière, Gu
stav est en plein fou rire ! Il cache son visage dans ses mains pour ne pas attirer l'attention, mais ses hoquets trahissent son amusement.

« Messieurs Kaulitz ! Quand apprendrez-vous à écouter les infirmières ? Quand on vous dit de ne pas mouiller vos bandages, il y a une raison !! Sinon, on ne servirait à rien ! Alors non seulement vous trempez vos cicatrices, qui, croyez-en mon expérience, ne sont pas des plus anodines, mais en plus, vous osez prendre l'initiative d'ôter vos compresses sans même en parler à un spécialiste ?
Vous v
oulez quoi ?? Un séjour en salle d'opération supplémentaire ?
Ca ne
vous a pas suffit de vous faire charcuter dans tous les sens ? »


Les deux
jumeaux se sourirent malicieusement, en gardant toujours la tête basse.
En voyan
t ça, Gustav interrompit son fou rire et commença même à s'énerver !
« (Gustav) Mais bon Dieu, vous ne savez pas ce que c'est que l'infection ou quoi ? C'est la troisième fois que vous les retirez, on vous fait la remarque à chaque fois, et vous continuez!
(Méd
ecin) Vous devriez avoir un peu plus de respect envers le don de votre frère, Bill ! Un sacrifice de rein et un échange de poumon,...
(Tom) C'
est moi qui ai commencé ! »


Le sourire de
Tom avait disparu, et il tuait le type en blouse blanche du regard !! Des yeux noirs qui refusaient qu'on s'attaque à son double et qui auraient dévoré le médecin s'ils avaient eu des dents !
« (Tom) Vous n'accusez pas mon frère ! Il n'y est pour rien s'il est dans cet état !
(Bill)
Tom c'est bon, t'en fais pas ! J'aurais pas du...
(Tom) N
on, Bill, c'est pas bon ! A ce que je sache, ce n'est pas ta faute si on a du te greffer autre rein !
(Bill)
Mais j'aurais pas du enlever mes bandes !
(Tom)
C'est parce que je l'avais fait, tu m'as suivi ! T'as pas à dire ça !
(Bill) Mais il a raison !
(To
m) Mais Bill arrête de t'enfoncer ! Ce n'est pas ta faute...
Arrêt
e de dire que c'est toujours toi, arrête de dire que tout ce qui va mal, c'est à cause de toi ! »


Tom a
ttrapa les épaules de son double, les yeux humides...
En
face, Bill tourna la tête légèrement pour fuir le regard du dreadeux.
« Bill, écoute-moi ! Tu n'as pas à culpabiliser...
-Si ! C
'est ma faute sur toute la ligne : si maman me prend pour un fou, c'est ma faute, si j'ai été interné, c'est ma faute, si t'as du me donner ton rein, c'est ma faute !! C'est ma faute si je continue à... »

Le guita
riste releva le menton du brun...
« Non, Bill ! Tu n'y es pour rien !
-
Lâche-moi Tom, tu sais aussi bien que moi que le seul responsable, c'est moi !
-Non !
C'est moi qui n'ai pas su m'occuper de toi convenablement !
-Arrête ! Tu n'as pas à me prendre en charge Tom ! Tu n'as pas à porter mon fardeau ! Tu l'as fait parce que tu as un c½ur en or, tu l'as fait pour me prouver que tu tenais à moi! Mais je ne veux pas que tu te rendes responsable de mes fautes !! Tu as déjà assez souffert pour moi... Beaucoup trop même ! Je t'en suis reconnaissant Tom, alors arrête d'en faire toujours plus ! Tu n'as pas à te sentir obligé de me protéger comme tu le fais, même si je me sens bien sous ton aile !


Le
dialogue partait en véritables aveux, devant lequel Gustav et moi restions cois ! Le médecin tenta d'interrompre la scène, légèrement confus à cause de l'ampleur que prenait la situation.
« (decin) C'est pas grave ! Ce n'est que des bandes ! Je vais vous en remettre d'autres, et on n'en parle plus ! C'est tout ! »
T
om prit son double dans ses bras, et acquiesça d'un signe de tête avant de chuchoter quelques mots à l'oreille du brun.
« Ce n'
est pas ta faute si tu as perdu la mémoire. Et le problème, il est là Bill ! »

Le cha
nteur recula, ses yeux fuyaient la vérité !! Il s'en voulait, ça se lisait dans son corps mutilé...
Mais même
si derrière, je restais silencieux, je n'arrivais pas à croire qu'une simple histoire de bandes avait réussit à les toucher autant, mais surtout à les faire culpabiliser.
La
moindre faute réanimait en eux deux des sentiments bien au-delà de ce que j'imaginais. Ils se rendaient responsable de tout, même ce qui ne réclame pas de responsable. Ils se surprotégaient, refusaient qu'on s'attaque à l'autre. Ils étaient plus solidaires qu'ils ne l'avaient jamais été...
I
ls préféraient se faire accuser que d'accepter que l'autre assume ses erreurs.


Ils se turent a
insi, sans un mot de plus. Gustav et moi, nous les regardions avec une certaine admiration pour leur bravoure, mais aussi un désir de leur faire comprendre que là dedans, ils auraient dû écouter les médecins plutôt que d'essayer de protéger l'autre...
Le choix
aurait été bien meilleur.
Pour mo
i, il est clair qu'ils étaient tous les deux responsables. Tom, pour avoir montré le mauvais exemple, Bill, pour avoir suivit aveuglement l'erreur de Tom.
M
ais l'importance n'était pas dans ce détail.
Nous étions co
nfrontés à un fait plus grave que cette mascarade avait dangereusement mis en évidence : Bill n'avait plus aucune méfiance du monde qui l'entourait !! Il s'en remettait seulement à Tom en qui il avait une confiance infinie, en qui il pouvait trouver un soutien sans limite, mais qui pouvait les faire plonger tous les deux au moindre faux pas !
Il n'était
plus capable d'assumer ses choix sans l'avis de son frère, il était influencé par le moindre argument extérieur, même s'il contredisait sa conscience.
Bil
l n'était plus qu'un pantin sans bonne conscience, dangereusement abandonné aux mains d'un frère qui ferait tout pour son bonheur, même s'ils devaient sombrer tous les deux.

Mes pensées
s'éloignaient lentement, revenant à mes rêves...
Elles d
ivaguaient à travers un brillant passé qui retenait en moi une profonde nostalgie...
Je me souven
ais du Bill rebelle, qui prenait un plaisir fou à contredire et à critiquer.
Un chanteur marginal qui nous avait porté au sommet, mais réduit aujourd'hui à la proie de n'importe qui d'un peu plus futé que lui...
Et p
lus je réfléchissais, plus je me remémorais la sécurité que je trouvais à ses tés. Il était toujours assez futé que pour trouver le danger et que pour nous en prévenir.
Aujourd'hui, ce
serait à nous de faire les bons choix pour qu'il puisse redevenir assez conscient du mal qui tournait autour de lui...
Aujo
urd'hui, il fallait que nous réagissions, pour pouvoir espérer sauver notre petit frère des griffes de la vie...

Je portai
à nouveau un regard sur les jumeaux. Assis sur un lit d'hôpital, ils se regardaient sans se parler. Et pourtant, ils semblaient se dire plein de choses.
L
eurs yeux évoquaient soutien, compassion, amour, consolation.
Le médecin s'acharnait à resserrer encore et encore les bandes autour de leurs maigres torses blancs, leur arrachant de temps en temps une grimace.
L
es traces de l'opération disparaissaient peu à peu, ainsi que les nombreuses blessures supplémentaires que Bill s'était infligées. Perdu sous son monticule de blessures et de morsures, il n'arrivait pas à détacher le sourire qu'arboraient fièrement ses lèvres roses.
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Je gr
imace une dernière fois, avant que le médecin ne noue définitivement mon bandage.
« Voilà les garçons !! Mais cette fois-ci, ne les enlevez plus sans un accord d'un spécialiste ! »
Tom acqu
iesce, se lève, puis va se coucher sur l'autre lit en rabattant le drap blanc sur lui. Le médecin fronce les sourcils, puis fais la moue.
« Oh, je vois que ça vous plait qu'on s'occupe de vous ! Mais ce n'est pas tout ça ! Je vais vous laisser, le devoir m'appelle ! »
Il qui
tte aussitôt la pièce en me saluant d'un signe de tête, ainsi que Georg et Gustav.

J
e gratte un peu mon bras qui me démange méchamment, puis je me tourne vers les autres.
« Il nous a encore coincé le salaud !
(G
ustav) Ils ont l'½il, qu'est-ce que tu crois !
(Georg) I
l fallait les laisser !
(Moi
) Oh, toi, je te défie de garder des bandages toute la journée !! Surtout quand ils te compressent le ventre à ne plus pouvoir en manger ! »

J'empoigne mon oreiller et le lance à la figure du bassiste qui le rattrape habilement !
«
(Georg) Et moi, je t'offre un gros gâteau à ta sortie si tu arrives à ne plus les enlever sans l'accord des médecins !
(Gusta
v) Moi aussi j'en aurai un ?
(M
oi) Un gâteau comment ?
(Georg)
Comme tu veux ! Un gâteau avec plein de chocolats, qui dégouline de crème anglaise ! Et si tu veux, je rajouterai des fraises !
(
Gustav) Oh !
(Moi) M
arché conclu ! »


Un sourire malicieux s'affiche sur mon visage. Je me sens déjà gagner et tenir le gâteau en main, prêt à l'avaler comme...
« (Tom) On s'en fout de votre gâteau ! »

Gusta
v regarde le lit, puis soulève le drap...
« Mais oui, tu en auras aussi !
(To
m) J'en veux pas de toute façon ! »

Les cheveux
dorés de mon jumeau reposent sagement sur l'oreiller blanc...
Gusta
v tire encore un peu le drap, révélant le petit corps recroquevillé en boule qui s'enfonce dans le matelas.
« (Gustav) Si ça manque de goût, Georg pourra y semer ses poils de bras ! Ca le rendra peut-être plus appétissant à tes yeux !
(Tom)
J'en veux pas de ton gâteau... »

L
e batteur passe sa main dans les dreads de mon frère, ce qui réveille légèrement mon ventre. Il commence à papillonner...
« (Gustav) Qu'est-ce qui ne va pas ?
(Tom) Ri
en !
(Georg) T
'as mal ? »


To
m hoche la tête. Je remarque alors sa main, crispée sur son ventre, prête à arracher les bandages d'un coup sec. Ses ongles s'enfoncent dans les compresses, et tentent de les décoller.
J
e m'approche lentement de son lit en laissant mes pieds effleurer silencieusement le sol. Mon regard est porté sur ce poing fermé, ce cou tiré, ce corps enroulé sur lui-même.
Une fois à
sa hauteur, je laisse mes doigts se faufiler sur les draps, puis sur ses bandes. Nos mains se rencontrent, je mêle mes doigts aux siens, nos paumes se joignent. Les petits yeux noisette de Tom se tournent vers moi, humides, souffrants...

Je m'as
sis à ses côtés et succombe à ce désir de le réconforter. Si il a si mal, c'est à cause de moi. Nos yeux plongent dans ceux de l'autre, cherchant la présence qui pourra apaiser ces maux. Mes cicatrices commencent à me brûler, tandis que mon visage s'approche de celui de Tom.
No
s mains se resserrent, mes lèvres enflammées par la confusion effleurent la joue du blond...
« Ne t'en fais pas, petit frère, maintenant, tout ira mieux. »

# Posté le mardi 27 janvier 2009 14:48

Modifié le samedi 13 juin 2009 12:06

Chapitre 74 :

Chapitre 74 :
Cette main dans la mienne, ces lèvres contre ma joue, cette douleur qui s'estompe, cette chaleur qui m'envahit...
Les maux physiques ne tiennent plus face à ça...
Ce baise
r brûlant que je sens encore sur ma joue, ces cheveux soyeux qui châtient mes oreilles blanches.

Si simp
le et pourtant si efficace.
Le
s cicatrices douloureuses, la peur de ce qui m'est arrivé, tout ça en vaut la peine quand on y réfléchit. Tout ça, parce qu'il y a en moi l'amour d'un frère unique et irremplaçable !
Une
onde de chaleur parcourt mon corps, qui me vient tout droit des yeux de Bill, de ses pupilles immenses qui me remercient, comme s'il ne l'avait pas encore assez fait.

J
e déglutis, porte ma main à ma joue et caresse ce qui reste de son baiser brûlant.
Est-ce qu'il
tient vraiment à moi ? Ou est-ce juste parce qu'il veut me remercier ? Est-ce qu'on pourra redevenir frères comme on l'était avant ?
Ou e
st-ce que ce ne sera jamais plus pareil ?
Mes yeux f
arouches se ferment, et je laisse mes mains remonter le long des bras de Bill. Elles caressent ses plaies, grimacent en les écoutant raconter leurs souffrances, puis continuent à monter.
Il
se baisse et tâtonne aussi mes bras tremblants. Je referme mes doigts sur sa nuque et l'entraîne à rapprocher son visage du mien.
Il
se laisse faire, et je dépose à mon tour mes lèvres sur sa joue.
Elles s
avourent la chaleur de sa peau, sa consistance moelleuse...
Pour moi,
c'est une façon de plus de voir qu'il est bel et bien présent, là, à mes côtés, vivant...

Bill s'allon
ge sur le lit, puis noue ses bras fins sur mon ventre en collant son torse à mon dos.
Je sens derrière moi son c½ur battre, et je l'écoute. Je l'écoute chanter, accompagné par la respiration paisible...
Son
souffle léger réchauffe mon air.

Comment est-ce que je peux y croire ? Comment est-ce possible qu'il respire seulement grâce à moi ? Comment pourrais-je imaginer qu'il ait frôlé la mort ?
J
'écoute, ce poumon qui était le mien...
Et je sens
, son poumon qui est devenu mien...
Comme si
on ne s'appartenait pas déjà assez comme ça, il faut en plus que nous partagions nos organes, nos corps...
Je
frotte ma tête contre le torse de Bill en gémissant de bien-être.
Mon
frère, il l'a toujours été, il l'est toujours, il le restera toujours !

« Tom ? »
Sa
voix qui souffle mon nom, c'est grâce à moi qu'elle est là...
« Oui ?
-J
'ai vraiment envie d'embellir ta vie comme tu l'as fait avec la mienne...
Et je
voudrais savoir quelque chose ! »


Et
onné, je lève la te vers lui et admire ses traits si bien dessinés. Peut-être trop bien...
« Et, tu veux savoir quoi ? »
Sa main re
sserre mes doigts et vient se poser sur le lit, alors que je suis prisonnier de ses bras tendres.
« Tom, quand on sortira d'ici, je veux que tu te fasses plaisir, avec ou sans moi...
Mais si
je peux t'aider, je le ferai. Alors, si tu as envie que je te file un coup de main pour faire quelque chose, je veux que tu me le dises...
Tu
as fait beaucoup pour moi, j'aimerais te rendre la mise !
-Tu n'e
s pas obligé... T'avoir c'est déjà beaucoup !
-J'insist
e Tom, il n'y a pas que moi dans ta vie... »

Un sour
ire radieux étire mes lèvres, alors que je jette un ½il à Gustav et Georg qui nous regardent l'air ébahi !
Je leur fais
signe d'approcher ! D'abord sceptiques, ils restent collés à leur chaise. Mais en commençant à parler, ils comprennent bien vite où je veux en venir et semblent s'y intéresser!
« Il y a bien quelque chose Bill !
-Et quoi ?
-
Tu ne te souviens pas de ça, mais nous, on peut t'en parler ! Cette montée d'adrénaline, ces cris, ce bonheur, cette absence dans ton corps, ce vide de tout souci...
Le fai
t de voir des milliers de gens réjouis parce que tu es là pour eux ! »

Une ét
incelle traverse les yeux des deux autres musiciens, qui se lèvent !
« (Gustav) Oui ! Le fait de voir des milliers de gens sourire parce que tu es devant leur nez ! Entendre ce son qui te monte aux oreilles pour une millième fois, mais qui t'entraîne toujours autant !
(Georg) Partage
r ces instants ensemble, parce qu'on aime ça, pour le plaisir de donner !! Pourvoir partager la gloire, le stress...
(Tom)
Ressentir l'hystérie des fans qui brandissent des pancartes avec ton nom dans tous les sens...
(Gustav)
Partager ces quelques moments où les fans te disent que tu leur as donné goût à la musique...
(Ge
org) Que tu leur as redonné goût purement et simplement à la vie !
(Tom) C
es filles qui attendent des heures pour pouvoir te serrer la main et avoir une photo de toi, une signature sur un morceau de papier chiffonné !
(Georg) S
entir ton corps frissonner sur un air que tu as écrit, te dire que c'est ton ½uvre...
(G
ustav) Laisser les sensations t'envahir, les fans t'impressionner...
(Tom) Les voir sourire, leur visage rayonner de bonheur...
(Georg) Re
cevoir des lettres pour te dire qu'elles aiment ce que tu fais, et parfois qu'elles t'aiment tout court !
(Gustav) P
asser des nuits à rouler dans un bus luxueux et te dire que tu es l'un des seuls à vivre ça !
(
Tom) Avoir les filles à tes pieds...
(Gustav) Voir les serviettes s'engouffrer dans la foule quand tu les lances à la fin du concert !
(G
eorg) Entendre les cris parce qu'elles ont reçu une goutte d'eau de la bouteille que tu avais en main !
(Tom)
Les voir lever les bras pour te remercier !
(Georg) Et r
essentir encore et toujours cette absence en toi, alors qu'il faudrait que tu aies justement les pieds sur terre...
(Gustav)
Entendre le sol frémir et les fans crier avant un concert...
(Tom
) Bill, c'est tout ça qui nous fait rêver, moi et les autres. C'est ça que je veux vivre en sortant d'ici, mais je veux que tu sois de la partie ! Je veux que tu profites de ces instants, toi aussi...
(Moi) T
u veux remonter sur scène, n'est-ce pas ?
(Tom)
Oui, mais il n'y a pas que moi ! »

Bill
se tait, puis observe silencieusement le vide...
« (Georg) Voir ces regards plongés sur toi parce qu'on t'admire...
(Gust
av) Le plaisir de taper sur des caisses...
(Tom) Sentir les cordes frétiller sous tes doigts...
(Georg)
La puissance monter en toi...
(Gus
tav) Le plaisir de vivre une nouvelle expérience à chaque fois...
(To
m) Le bonheur quand tu te dis que ça s'est bien passé...
(Gustav) Braver cette peur qui monte en toi, repousser tes limites...
(Tom)
Entendre ta voix Bill, t'écouter chanter, vivre tes paroles, te regarder apprécier ces instants, te voir vivre, te voir être toi...
S
avourer le bonheur vivant que tu es... »


P
lus je parle, plus ma voix se perd, s'estompe...
Mes
yeux se ferment, mais j'écoute toujours ce souffle qui t'anime...
« Je ferai ça pour toi Tom, pour vous ! J'essaierai au moins... »
Je m
e sens absent, et pourtant j'ai bien compris. Le bonheur me submerge, ta chaleur m'inonde. Tu l'as dis Bill. Tu vas nous faire toucher nos rêves. Tu vas nous faire revivre ces instants à jamais gravés, mais qui nous manqueront toujours !

Je
remonte ma main sur mon ventre, effleure ton torse de la joue...
Merc
i d'être toi, Bill.

_____
_____________________________________________________________

Je pose ma t
ête sur le lit de Tom et cache mon visage plein de larmes. Me remémorer tout ça, ça fait toujours très drôle ! Me dire que tout s'est arrêté du jour au lendemain, et peut-être pour toujours.
M
e dire que la chance qu'on a eue ne s'offrira peut-être plus à nous...

Ou
i, Bill l'a dit, Bill le fera, pour son frère ! Mais qui dit que ça marchera ? Qui dit qu'il n'est pas dépassé, ce temps où nous remplissions nos salles en quelques heures ?
Qui dit qu
e nous pourrons encore rejouer sur la scène de Bercy ?

Nous a
vons sombré, et ne continuerons-nous pas à couler ?
Mes n
arines s'encombrent, et je réfléchis en tapant au sol, comme si j'avais ma pédale sous le pied. Oui, c'était si beau...
Not
re rêve à tous, c'est de remonter sur les planches...
Alors, devons
-nous être optimistes ou vaut-il mieux abandonner ces espoirs ?

Je lai
sse ma main se faufiler sur les draps blancs. Elle va rejoindre celles des jumeaux.
« Qui ne tente rien n'a rien... Je suis avec vous ! »

# Posté le mardi 16 juin 2009 05:01

Chapitre 75 :

Chapitre 75 :

J'enfonce la porte avec joie, me revoilà chez moi, nous revoilà chez nous !
La première chose que je
fais est de me jeter sur ma basse, de caresser son long manche, ses cordes fines, ce bois verni, avant de gratter quelques accords !
Elle m'a manqué !

Mais il y une chose qui me manque plus encore !
L
a scène !
Nos disques d'ors
et de platines envahissent les murs, et Gustav les observe avec joie. On ne se lassera jamais de ces moments là, passés et peut-être futurs...

Les ju
meaux entrent aussi dans la pièce ! Tom soupire longuement en balayant les murs du regard, mais Bill reste planté devant la porte, comme un poteau !
« Frérot, tu es chez toi ici Ne fais pas le coincé !
-Hm...
-Le studio...
Ma deuxième maison ! On va encore bosser quelques longues semaines ici ! Mais que de joie ! Et que j'ai hâte de remonter sur scène !
-Hm...
-Bill, dépo
se tes affaires, tu n'as pas un balai dans le cul quand même ! Tu te souviens quand même ! »


Le bea
u brun acquiesce d'un signe de tête, et étire un faux sourire. Il n'est pas à l'aise ! Pas besoin de lui poser la question pour le savoir !
Gustav s'af
fale sur la chaise et manque de la renverser en se jetant littéralement sur le dossier...
« Bill ! Donne-moi ton sac !
-Non, ça va,
je vais le porter dans le placard !
-Bill, on n'a p
as de placard ici ! On a une cuisine, une chambre, une pièce de séjour, une salle-de-bains et le studio ! Il ne faut pas te croire à l'hôtel ! Va le poser sur ton lit si tu veux, mais détends-toi un peu ! »


Le chanteur
resserre ses mains sur la lanière de son sac, marche avec des pieds de plombs jusqu'à la porte, qui mène vers l'appartement, puis disparaît...
« Tom, il n'est pas à l'aise ici !
-Je sa
is Georg ! C'est un peu normal, il s'est fait enlever la dernière fois qu'il est venu ici ! Il lui faut juste le temps de s'habituer...
-Tu crois vraiment qu'il aura l'ambition pour chanter à nouveau ?
-Il faut lui donner goût... Mais je pense que oui ! C'est Bill, il est capable de beaucoup !
-Et puis
tu ne crois pas que tu devrais rentrer chez toi un jour ou deux avant de venir ici ? A peine sortis de l'hôpital, vous revenez en studio !
-On ne peut
pas...
-Pourqu
oi ?
-Si Ma
man revoit Bill, si Bill revoit Maman... Non, ça ne peut pas aller !
-Et pou
rquoi pas ?
-
Georg... Ma mère a fait interner mon frère, je n'ai pas non plus l'envie de la revoir ! Je ne retournerai pas à la maison...
En plus, elle
lui ferait encore du mal !
-Peut-être
qu'elle a comprit !
-J'a
i vu clair dans son jeu... Elle se fout de Bill, elle le renie ! Elle a voulu m'en séparer, je ne lui laisserai pas le loisir de recommencer ! Bill a besoin de rester loin d'elle... dans le cas contraire il fera encore des bêtises... des grosses bêtises...
Je ne pr
endrai plus ce risque...
J
e tiens trop à lui !
-Mai
s c'est de la folie ! Tu ne vas tout de même pas vivre ta vie en studio !
-N
on, mais revoir ma mère pour l'instant n'est pas envisageable ! En plus, elle fait du favoritisme. Elle a essayé de m'embobiner, de me faire croire que je voyais plus que Bill à ses yeux. Mais c'est mon frère, et si elle n'est pas capable de l'apprécier à sa juste valeur, je ne veux pas qu'elle m'aime.
On a tou
jours été deux, on le restera !! »


Le dr
eadeux serra le poing, serra les dents. Il gonflait la poitrine en parlant, ses yeux se noircissaient. Je décidai de ne pas m'étendre sur le sujet, de peur de l'irriter. En plus, il était beaucoup plus susceptible après ce séjour à l'hôpital. SI je voulais lui reparler de sa mère, je devrais patienter.
L'andr
ogyne pointa timidement le bout de son nez à l'embrasure de la porte. Juste au bon moment !! J'étais chanceux pour une fois !
« (Tom) Ha, Bill, viens ! »
Il fit quelque
s pas vers son frère en baissant toujours plus la tête.
« (Tom) T'as encore vu un fantôme ou quoi ?
(
Bill) Te moque pas de moi, ce n'est pas ma faute si je vois des silhouettes blanches flotter dans l'air la nuit !
(Tom) Je te t
aquine frérot... Et puis je t'ai déjà dis que tes fantômes, c'était le reflet des projecteurs dans les vitres !
(Bill) Je sais
...
(Gustav) Pourquoi
tu fais cette tête ?
(Bill)
J'ai peur ici, je te l'ai déjà dit Tom ! Je ne veux pas de ce studio !
(Tom)
Mais ne t'en fais pas ! Je t'ai déjà dis qu'ils avaient posté deux fois plus de gardes du corps, que tu ne sortirais plus sans la présence de quelqu'un d'autre...
Et puis, Mama
n ne sait pas qu'on est ici ! Elle ne sait pas que tu es sortit...
Elle ne s
ait pas que tu es en vie ! Tu n'as rien à craindre...
(Bill) Maman ne sait p
as que tu m'as sauvé ?
(T
om) Elle ne sait rien !
»

Le chanteur releva lent
ement la tête, chercha un appui dans nos yeux. Je ne tardai pas à confirmer les paroles de Tom. Il n'avait plus rien à craindre !

_____________________
____________________________________________

Lent
ement, je défais mon sac et dispose mes affaires sur mon lit. C'est une façon de les trier une dernière fois avant de les ranger à la bonne place. C'est David qui m'a apporté ma valise, et j'y retrouve toute sortes de choses.
De
s photos de quand j'étais petit, des autres plus actuelles, des cd, des vêtements, des bijoux, des livres, et un vieux graffitis coincé dans le fond d'une poche.
Je déplie cur
ieusement le papier jauni, abîmé par les frottements et les lavages.
Il s'eff
rite presque sous mes doigts, et l'encre effacé est à peine lisible.
J'all
ume la lampe de chevet et m'en approche, ce qui me permet de déchiffrer quelques mots...

« Bonjour Bill !
Tu ne nous connais pa
s, mais nous on te connaît très bien !
Sachant que
tu n'as pas beaucoup le temps de lire tes lettres, nous t'écrivons juste un petit mot en espérant que tu prendras la peine d'y jeter un coup d'½il !
Nou
s voulons juste te remercier pour ce que tu fais, et nous tenons à te dire que nous serons toujours là pour te soutenir, toi et le reste du groupe !
On
sera là pour crier votre nom à Berlin...
Bisous !
»


En dessous du mo
t, il y avait une vingtaine de signatures. Je les détaille chacune, effleure l'encre du bout des doigts, retrace les lettres, compare les reliefs dans le papier. La larme à l'½il, je le serre contre mon c½ur en levant les yeux vers le ciel.
Qui étais-
je vraiment, pour recevoir des mots si gentils de la part de quelques fans ?
Qui é
tais-je, pour ne pas prendre le temps de lire les longues lettres ?
Q
ui étais-je, pour monter sur scène à Berlin ?
Qui
étais-je, pour ne pas connaître les gens qui me connaissaient de leur côté ?

Je re
pliai le papier et le cachai sous mon oreiller !! Les questions continueraient à m'envahir, que j'aie le mot sous les yeux ou pas. J'avais déjà pris connaissance de certaines chansons, mais pas toutes. Je savais de quoi parlaient la plupart, mais je ne les avait pas analysées dans le détail.
Quel impac
t ces chansons avaient-elles réellement sur le public ?
Comment ét
ions-nous vu par le public ?
Nous é
tions connus, d'après les autres, mais à quel point ?
Qu'est-ce qu
i faisait qu'on en arrivait là ?

T
ant de doutes, d'ignorances sur mon passé.
Je me l
evai et enfonçai légèrement la porte. Personne à l'horizon. A cette heure, les trois autres étaient sûrement en train de goûter. En tout cas, c'est ce que confirmaient les cris qui s'échappaient de la cuisine.
Je me
faufilai silencieusement dans le studio, cherchant la petite pièce dans laquelle on m'avait forcé à rester la dernière fois...
Je la retro
uvai vite, avec ses murs boisés, chaleureux et étouffants à la fois.
La moq
uette bleu marine plongeait la pièce dans une obscurité profonde qui me rappelait des moments bien peu joyeux. J'allumai une lampe qui permettait d'éclairer entièrement le bureau. Un petit projecteur se levait au-dessus du micro.

Je m'en
approchai, effleurai quelques fils maladroits qui s'étaient perdus hors des conduits prévus pour, tapotai dans le micro, puis mis le casque sur mes oreilles.
Je ne sa
vais plus très bien comment le boîtier de commande fonctionnait, et je dus m'y reprendre à plusieurs fois avant de lancer la musique !
Heureusement que les boutons ne déclenchent pas une alarme, ou qu'ils ne vous renversent pas un verre d'eau sur la tête !
A ce train là, avec
toutes les erreurs de manipulations que j'avais déjà faite, je serais mort.

J'écoutai donc quelques
chansons, essayant de me plonger dans leur sens.
Ma
is j'avais un peu la tête ailleurs, ce qui m'empêchait de vraiment pouvoir me concentrer sur mon travail !
E
n fait, un bouton me faisait de l'½il depuis de longues minutes, et j'hésitais à appuyer dessus !
Pou
r finir, je l'enfonçai...

Les chansons se t
urent, et je parlai dans le micro :
« Ich bin da,120, ich bin da ! »
Le ret
our était parfait!
Je coll
ai mes mains sur le casque pour qu'il tienne bien à mes oreilles, et commençai à fredonner dans le micro la chanson qui me traversait l'esprit.

« ...
Ich
dreh mich um
die Na
cht hat mich verloren,
'n
kalter Wind
Die Welt... »


Elle était née de ma pu
re imagination, des souvenirs de mes quelques semaines de vie en la présence de Tom...
J'écoutais
ma voix et arrivais même à m'impressionner. Contrairement à mes attentes, elle sonnait juste...

« Dein Bilt ist sicher,
...hmhm.
..
Über 1000Meere,
zurüc
k zu dir,
zurück zu uns,
...
Wir dafür unsern g
lauben nicht verlieren...

Ve
rtrau mir!
Wir müssen nur
noch 1000Meere weit,
No
ch 1000dunklen Jahren ohne Zeit,
1000... »


Pour un
e première écoute, j'avais réussit à me plaire. Je retentai donc l'expérience en me rendant compte que j'y prenais un plaisir fou. Sentir mon souffle produire un son qui se modelait selon mes envies me réchauffait la conscience...
Ce sentiment auquel j
'attachais tellement d'importance affluait dans mes veines :
Je me sentais l
ibre !
Libre de faire ce
que je voulais,
Libre de
dire ce que je voulais à travers mes paroles
Libre
de m'exprimer tout entier grâce à ma simple voix !

# Posté le mardi 16 juin 2009 05:08

Chapitre 76:

Chapitre 76:


Ma voix s'est
ompa petit à petit. Mais ce n'est pas comme si elle voulait s'éteindre, bien au contraire...
Elle manife
stait l'envie de recommencer, pour chanter encore mieux, encore plus longtemps, des choses plus dures, plus belles...

Je fermai les yeux pour accompagner la fin de la mélodie, expirant une dernière fois dans le micro pour clôturer la chanson.
J'y avais
pris un plaisir fou, au-delà de tout ce que j'avais imaginé. Je m'étais senti ces quelques instants vivant, bien dans ma peau, habité par une âme chaleureuse...
J'avais atteint un espèce d'état second, un monde dans lequel je serais le seul à me retrouver, un nirvana !

Je pass
ai lentement ma langue sur ma lèvre inférieure en repensant à ce bonheur infini qui avait dilaté mes veines...
A peine a
vais-je fini que je voulais essayer une autre chanson, une autre mélodie qui m'emporterait dans un autre monde !
Mais j
e fus interrompu par un bruit ressemblant à un applaudissement.
Je me retourn
ai et aperçus David, dans l'embrasure de la porte. Il frappait ses énormes paluches les unes contre les autres en affichant un sourire satisfait !

« C'est très beau Bill, tu viens de regagner le c½ur d'un de tes fans ! »
M
es doigts se serrèrent sur un fil qui me tomba sous la main, prêts à l'étrangler. Pas de haine, ne vous inquiétez pas ! Plutôt de surprise ! Même si la présence de David m'intriguait, je n'avais en aucun cas envisagé de lui sauter au cou !
« Tu... tu m'écoutais ? »
I
l y avait dans ma voix une touche d'incertitude et de peur ! Et si je venais de me ridiculiser devant celui qui était censé me produire ?
Et si
...
« Oui, j'étais là !
-Depuis ...
quand ?
-Deux m
inutes Bill ! »

Alors, il ava
it tout entendu ! Les fausses notes qui s'étaient glissées dans mes paroles, les couplets incertains !
J
'étranglais maintenant le fil de mes deux mains moites, tentant de me calmer et vidant mon stress sur tout ce que je pouvais. David était absorbé par la danse de mes doigts...
Au
moins, il ne remarquerait pas toutes les perles de sueur sur mon front humide !
« Pourquoi t'es venu ? »
David s
'avança vers moi, souriant toujours...
J
e fuyais son regard pénétrant pour dissimuler ma profonde honte !
Il re
garda l'étrange machine au milieu de la pièce, puis le boîtier de commande. Il y chipota un peu pendant que j'attendais ma réponse...
« Tu sais comment ça marche ce truc Bill ?
-
Heu... pas vraiment !
-C'es
t bien ce qu'il me semblait, tu appuies sur n'importe quoi !
-
...
-Tu as même
poussé sur le bouton qui diffuse ce que tu chantes dans le studio ! Manque de bol pour toi, il s'avère que j'y étais ! »

J'ouvris une
bouche de poisson en entendant l'explication ! Mais quel incapable ! Moi qui voulais me faire discret pour que Tom ne remarque pas que je voulais chanter, j'avais légèrement raté mon coup !
« Tu... tu as tout entendu alors ?
-C'est bien
possible... Mais alors quelle sensibilité dans ta chanson !
J'ai
tellement aimé que je suis venu vérifier que c'était toi !! Et puis, j'ai eu droit à un mini concert en privé ! C'était très agréable de t'entendre chanter !
-Mais...
-Tu m'
as l'air légèrement embarrassé Bill ! »

Mes
yeux balayaient la pièce du regard, à la recherche d'un détail sur lequel ils pourraient se fixer. Mais les longues lattes de bois étaient si peu décorées que je n'y trouvais pas mon bonheur ! Pour finir, je réussis à découvrir un intérêt tout à fait nouveau aux pieds de David, enfouis dans une paire de mocassins bruns à fourrure !
Un
rire m'échappa ! J'étais sûre que les boîtes à chaussures auraient été plus sexys aux pieds de David que ces affreux mocassins !
« Embarrassé ? Disons que tu m'as surpris ! »
Il
regarda à son tour ses pieds en fronçant les sourcils...
« Ha, d'accord...
-...

-
Bill, j'ai une autre question...
-Je s
uis tout ouï ! »

J
'avais accentué la dernière syllabe de ma phrase, car un sourire plein de dents trahissait mon amusement face à ses chaussures d'esquimaux !
« Cette chanson, elle vient d'où ?
-De
moi !
-C'est toi
qui l'a écrite ?
-Tout
compte fait, j'hésite... C'est peut-être le cousin de la tante du frère de la mère du pape qui me l'a soufflée!
-Je
vois... Si tu veux mon avis, elle ferait un bon single !
-Un
quoi ?
-Ne fais pas l'idiot ! »


Il m
e fit un clin d'½il, puis tourna les talons...
« Ah oui, si tu veux désactiver la diffusion du son dans le studio, appuie sur le numéro 4 ! »
Il se
déhanchait dans ses mocassins ornés de peau de hamster en m'arrachant un rire qui me nouait le ventre !! Pour détourner mon attention, j'appuyai sur la touche en question...

Je m
'assis alors au sol, en tailleur, jambes croisées et dos droit...
J'a
vais tellement aimé ! Et David semblait être assez satisfait...
Q
ue pouvais-je demander de mieux, si ce n'est d'entamer une autre chanson ?
J'inspirai lon
guement et commençai à fredonner la mélodie de « Ich brech aus »...
Elle é
tait la prochaine sur ma liste !
Il faut dire
qu'elle avait déjà une signification pour moi, et que l'air me plaisait assez bien !

__
_______________________________________________________________

« Hey, le yéti, il est où Bill ? »
Je s
ecoue brusquement le bassiste pour le tirer de son sommeil profond ! Ce dernier commence à grommeler comme un ours et me pousse pour que je lui foute la paix !
« Allez, sois sympa, il n'est pas dans la chambre !
-Quoi ? »

G
eorg se redresse aussitôt, l'air fiévreux et fatigué, avec les petits yeux de quelqu'un qui n'a pas encore finit sa nuit ! Je recule, surpris, puis attend qu'il reprenne ses esprits...
« Pas dans la chambre ?
-Non...
-Ma
is il est passé où encore ?
-Je c
royais que comme tu t'étais endormi dans le salon, tu pourrais me le dire !
-Mais je n
e l'ai pas vu ! »

Ses yeux inquiets semblent chercher dans sa mémoire l'éventualité d'une apparition éclair de Bill !
« Non, la dernière fois que je l'ai vu, il allait ranger ses affaires !
-Quoi
? Tu ne l'a pas vu depuis ? Tu es sûr ?
-
Ben, pas plus que toi ! »

Je jetai
un ½il furtif à ma montre : 3heures du matin ! Bill avait été déposer ses affaires vers 20h...
7heures
qu'on ne l'avait pas vu !
Mon
Dieu !
Me
s lèvres se mirent à trembler, je sentis mon teint pâlir, mes pupilles s'atrophier !
« Mais c'est pas vrai, mais c'est pas vrai, mais c'est pas vrai ! Mais NON ! Mais tout sauf ça ! Mais MERDE !!! »

Mes mains m
ontèrent instinctivement dans mes dreads et tirèrent furieusement dessus ! Je cherchais dans ma mémoire un instant qui aurait pu démentir cette vérité !
7he
ures que personne n'avait vu Bill !! Et s'il avait encore fait une bêtise ?
S'
il était encore parti ?
Me
s mains se mirent aussi à trembler, et je regardai Georg d'un air désemparé mêlé à la colère que j'arrivais à peine à contenir !
I
l fallait que j'aille le chercher !
« Tom, ne stresse pas comme ça !
-MAIS TU
COMPRENDS RIEN TOI ! SEPT HEURES ! SEPT HEURES ! ET PERSONNE NE S'INQUIETE DE SAVOIR OU IL EST !
MAIS NO
N !! MAIS IL S'EST CASSE SI CA SE TROUVE !! ET MOI JE N'AI RIEN VU !!!
B
ORDEL !! MAIS C'EST PAS VRAI... C'EST PAS POSSIBLE, dites-moi que je ve !!...
J'ai
encore fait une connerie... »

Je me
mis à fondre en larmes et je m'écroulai au sol ! Ma voix diminuait à chaque syllabe qui s'écoulait...
O
ù était-il ? Comment avais-je pu être aussi inconscient ? Sept heures sans le voir, et je n'ai pas même chercher à aller voir s'il était toujours là...
Mais
quel frère étais-je pour être aussi insouciant ?
« Et, ne te fâche pas Tom ! Je n'y suis pour rien...
-Je suis une merde Georg...
Di
s-le moi...
J
'ai encore fait une connerie...
Je l'a
i encore laissé filé ! Mais non... non... non...»

Pl
us je parle, plus je me persuade qu'il lui est arrivé quelque chose d'atroce...
Où est-il ?

« Non, Tom, tu es fatigué, tu sors de l'hôpital, tu es exténué...
C'
est normal que tu sois ailleurs...
-Mais Georg mais on ne l'a pas vu ! Il ne s'est pas pointé depuis sept heures ! Je suis con, mais quel con, mais quel con !
-Calme
-toi, tu vas nous refaire une crise, ça me fait peur quand ça te prend ! La dernière fois ça a failli finir en suicide !
-Georg..
. aide-moi !»

Mes larmes chaudes coulent à flot, brûlent mes yeux rouges...
Je
me sens incapable, coupable, honteux...
Me
s doigts ont beau m'arracher les cheveux, je n'arrive pas à me persuader qu'il n'est pas loin !
Georg
attrape mes côtes et me remet sur pieds...
« Tom, détends-toi...
-Mais
comment tu veux ? Je dois voir Bill ! Je dois savoir où il est !
-Sè
che tes larmes, je vais t'aider à le chercher !! Il ne peut pas être loin ! Arrête de t'affoler !
-Il, i
l est parti hein ? C'est pour ça que je ne l'ai pas vu ! J'en suis sûr !
-Je ne s
ais pas Tom, mais ce n'est pas en refaisant une crise que ça va nous aider ! »

Pour calmer
mon stress, je mets mes doigts en bouche et commence à les mordre !
Ma
respiration saccadée siffle, prouvant au bassiste devant moi que je suis rongé par la culpabilité d'avoir encore fait un faux pas, et lui montrant à quel point j'ai peur d'avoir gaffé. Il enveloppe mes épaules de son bras robuste, puis m'invite à quitter la pièce en sa compagnie !
« Tu deviens fou à force de devoir le soutenir Tom...
- J'ai pe
ur Georg...
-
Regarde à la cuisine, moi je fouille la salle de bains... »

Je m'
exécute, et entre dans la pièce. La table est impeccable, et personne ne semble s'être affalé de fatigue sur l'une des chaises !
Le stress monte encore ! Je me surprends d'ailleurs à ouvrir les tiroirs un à un, à les claquer violemment,...
Je sais
que ce n'est pas réaliste, mais je serais tellement soulagé de trouver Bill dans une armoire plutôt que paumé seul dans la rue que j'envisage tous les scénarios !

Je r
efais trois fois le tour de la pièce, puis je sors, apeuré...
Geo
rg est déjà là, et semble être aussi déçu que moi !
« Il n'est pas dans la salle de bains, et toujours pas dans la chambre non plus !
-Je le sa
vais putain ! Il est parti ! Bordel, mais non...
Je
suis con, mais je suis con ! »

Je m'app
te à taper ma tête sur le coin d'une armoire quand le brun châtain me tire violemment le bras !
« Tom, mais arrêtes, t'es complètement à la masse !
-Il es
t où ?
-Hey,
tu devrais aller te coucher ! Tu as vu comme tu es ? »

Je
me retourne sur mon ami et le fusille du regard...
Un regard plein de remerciements pour ces quelques compliments...
« Je suis à la masse ?
-Fin, t'es
pas dans ton état habituel...
-A la ma
sse ?
-T'es..
. fin bizarre quoi...
-A l
a masse ?
-Ma
is non, c'est bon, t'es pas à la masse ! Mais arrête de te plaindre ! Il n'est pas loin Bill, on a qu'à prendre nos manteaux et sortir... et on tombera dessus !
-7he
ures Georg... Imagine ce qui est possible en autant de temps ? »

Il
semble enfin prendre conscience de la situation, et baisse les yeux.
De mon c
ôté, je préfère ne pas tarder et j'enfile mon manteau !
Il suit me
s mouvements...
« Je viens chercher avec toi !
- ...
Tu veux vraiment accompagner un gars à la masse qui menace de te faire une crise ?
-... C'
est pas ta faute si la peur te met dans cet état...
-
Non mais j'ai déjà failli finir à l'hôpital plusieurs fois, on ne sait jamais que tu aies peur de finir dans cet état !
-Tom, on
va retrouver ton frère ! Ok ?
-..
.
-All
ez, viens ! il ne faut plus perdre de temps !»

Nous
quittâmes la pièce, traversant le studio à pas de loups. La surface polie de la table de mixage luisait à la lumière de la lune et un bip sonore retentissait régulièrement...
J'essayais d'étouffer mes sanglots quand Georg mit sa main sur ma bouche.
« Tu entends ? »
Je tend
is l'oreille en m'obligeant à retenir ma poitrine qui se soulevait au rythme des spasmes, et perçut un son léger mais mélodieux...
On aurait di
t quelqu'un qui chantait !
Je décol
lai la main du bassiste et sentit cette impression de soulagement relâcher mes muscles crispés ! Une lueur d'espoir traversa mon visage !
« Tu... Tu crois que c'est lui ? »

# Posté le mercredi 17 juin 2009 11:58

Chapitre 77

Chapitre 77
« Viens ! »
Le bassiste me p
rend par la main et me tire vers la voix...
J
e mords mes lèvres à sang pour tenter de calmer mes larmes qui continuent à couler abondamment.
« Georg... ?...C'est lui ? »
Il me f
ait signe de tendre l'oreille, et j'arrive à percevoir les paroles longues et calmes de « Wenn nichts mehr gehr »...
Mon c½ur accélère, ma poitrine ralentit, je passe ma manche sur mes yeux et mes joues pour les essuyer.
Un sour
ire étire les commissures de mes lèvres, alors que je me laisse envahir par la douceur des paroles.

« Il est là ! Il n'est pas parti !...
-Tu v
ois qu'il n'y avait pas de raisons de t'affoler !
-Gott... J'ai eu s
i peur ! Il va finir par me tuer s'il continue à m'angoisser comme ça !»

La
sueur chaude coule encore dans mon dos brûlant, puis se refroidit...
M
es yeux se ferment...
Tou
t va bien, j'ai pris peur pour rien !

« Par contre, je ne sais pas ce qu'il fait dans son bureau à trois heures du matin !
-...
-Tom ?
»

J'écoute à pe
ine Georg...
Car ce qui m'atti
re en cet instant, c'est cette mélodie, si douce, si calme, si belle...
Cette voix un
ique qui m'a accompagnée depuis ma plus tendre enfance, même si elle a changé...
Cette
voix, c'est ce qu'il reste du passé de Bill, quelque chose qui lui colle à la peau et qui le marquera à jamais...
Cette v
oix, elle me permet de croire un instant que cet oubli qui le sépare de moi ne pourra pas vaincre...
Cette voix, c'es
t le début du recommencement...
Un
recommencement que j'espère faire connaître à Bill avec autant de splendeur que la première fois !

« Tom !
-Oui ?
-Ha, tu redescends e
nfin sur terre !
-Désolé, j
e suis... un peu perdu là...
-T'en fai
s pas, je comprends...
On va
jeter un coup d'½il ?
-Oui ! »

Je me mets
à courir dans le couloir qui nous sépare du bureau, en veillant à ne pas attirer l'attention de mon frère ! Georg me supplie de ralentir, mais j'avance toujours !
Je veux me rapprocher de cette voix, de ce plaisir pour les oreilles, je veux entendre encore mieux les paroles, sentir la mélodie me passer sur le corps en me faisant frissonner...
J'arrive
près du petit bureau ! Derrière une grande vitre, j'aperçois Bill en pleine action...
Ses lèvres m
urmurent les mots qui envoûtent mes oreilles, ses yeux fermés me donnent envie qu'il me porte plus loin, qu'on y aille ensemble !
Il porte une ca
squette masquant ses cheveux lisses, ce qui le rend vraiment craquant !
Sidéré par la beauté du tableau, je reste là, planté dans le noir, pour savourer cet instant où il ne cherchera pas à me voir !
Georg me rat
trape enfin...
« Ben dis donc, tu...Gott Tom t'as vu ça !
-hm ?
-Il chante e
ncore mieux qu'avant ! Regarde-le ! J'en ai des frissons !
-Tu trou
ves aussi ?
-Oui, il a un pe
tit quelque chose en plus !
-Oui,
un petit quelque chose en plus !
-Mais je ne sa
is pas quoi...
-Moi non plu
s...
-C'est co
mme si tu avais...
-Un truc q
uoi !
-Oui m
ais...
-L'impressi
on de vivre ce qu'il chante !
-Oui,
voilà ! C'est comme s'il te racontait ce qu'il vivait ! Il ne fait pas que le chanter...
-... Je savais que m
on frère serait parfait quand il recommencerait à chanter !
-Oh, toi, ... Et quel charisme !
-Comme moi quoi
!
-Tom !
-
Je rigole... Georg, j'ai une autre impression en le voyant !
-Ha bon ?
-Ca va te paraître bizarre...
-Mais non
! Dis toujours...
-On dirait qu'il
souffre !
-Quoi ? Qu'il souffr
e ?
-Comme s'il appelait à l'aide !
-Tu trouves ?
-C'est
ce que je ressens ! Il est triste...
-Moi je dirais qu'
il raconte! »


Je m'attendr
is devant mon frère, toujours plongé dans sa chanson...
Oui, il r
aconte quelque chose, mais il parait si triste !
« Georg, qu'est-ce que Bill peut bien raconter ?
-Je ne sais pas moi, sa vie, ses expériences, ses rêves...
-C'es
t pour ça qu'il souffre...
-Hein ?
-Réfléch
is, à quoi se résume la vie de Bill ?
-Ben... selon mon po
int de vue ou le sien ?
-Le
sien !
-Peu de ch
oses hélas !
-U
ne perte de mémoire, de la maltraitance, la rencontre avec quelqu'un qui lui affirme qu'il est son frère...
De nombreu
ses frustrations... Une fugue...
Aussi
l'entrée dans sa vie d'une mère qui l'a envoyé dans un asile où il a failli crever de faim et de soif, comme un vulgaire rat ! La rupture avec tous ses repères plusieurs fois en peu de temps ! La vie de Bill n'est pas brillante Georg, et c'est ça qu'il dégage ! C'est magnifique ce qu'il chante, il a une voix superbe ! Mais tu vois qu'il souffre...
-Il
y a peut-être de ça ! Mais tu oublies l'amour que tu lui portes ! Il ne peut pas en souffrir !
-Il ne se
souvient pas que j'étais à son chevet avant la greffe d'organes, il était trop faible ! Je ne sais pas exactement ce que je suis à ses yeux !
-Une
belle chose, un ange tombé du ciel Tom ! »

Mes
yeux plongent dans les pupilles émeraude du brun châtain qui me sourit...
« En fait, je crois que tu es la plus belle chose qui puisses lui arriver !
Ca crèv
e les yeux qu'il tient à toi...
-
Merci, mais tu sais...
Je
me dis que je n'aimerais pas avoir la vie de Bill...
C'
est aussi pour ça que je veux remonter sur scène, avec lui. Je veux lui faire connaître la plus belle chose qui soit, pour qu'il oublie le mal qu'on lui a fait !
J
e veux l'aider à réaliser ses rêves, lui prouver que je ne veux que son bien... »


On se sourit encore un
peu, puis je reporte mon attention sur Bill...
« L'air de rien, mon petit frère me manque toujours. On a perdu notre enfance si joyeuse, et ça me marquera à jamais...
Mais je
me dis que je dois me relever, ne pas m'attarder là-dessus...
Car il exis
te entre nous quelque chose de si fort qu'il arrive à me faire du bien. Je me rends compte que même s'il est différent, je l'aime toujours autant ! Et je ne pourrai pas m'en détacher...
Il y
a juste ces souvenirs qu'on ne peut plus partager qui créent un vide en moi et que je voudrais combler...
-M
ais comment ?
-Je crois que
c'est foutu à ce niveau là...
-Il doit
retrouver sa mémoire, c'est ça ?
-Il ne l
a retrouvera pas... »


Georg
frissonne quand je lui dis ça, mais je n'ai pas l'intention de me voiler la face à jamais. S'il devait la retrouver, ça se serait fait avant. Aujourd'hui, c'était trop tard !
J'avançai alo
rs vers le bureau de Bill, silencieusement, en continuant à l'écouter chanter...
Sa
voix répétait toujours le même refrain, qu'il retravaillait en boucle.
J'entrai d
ans la petite pièce éclairée et chaleureuse. J'avais toujours aimé cet endroit ! Il était rempli de la présence de Bill !

Les paroles ricochent dans mes oreilles et atteignent mes tympans sous formes d'échos...
Je me
laisse guider, et me rapproche plus près encore de lui...
Il ou
vre lentement les yeux et sursaute en me voyant en face de lui ! Apparemment, il ne s'y attendait pas ! Mais imperturbable, il continue à chanter son refrain en s'approchant aussi de moi...
Je lui tends
ma main, et il la prend, comme il le faisait avec les fans qu'il invitait sur scène !
U
ne chaleur monte en moi, et je me laisse tomber dans ses bras en posant mon oreille contre son c½ur. Mes mains se resserrent sur ses flancs, et j'étouffe mes yeux rougis dans son T-shirt...
« Oh Tom ! »
Il lâc
he son micro et me redresse.
Je lui montre alors mon visage tordu par les sanglots et la fatigue...
« Tu pleures ? »
Son pouce caresse déjà mes joues pour y sécher les gouttes salées, et il dépose un tendre baiser sur le bout de mon nez...
« Allez, viens là, et raconte-moi ce qui ne va pas ! »
Je me content
e d'enlacer son cou de mes bras en me collant à lui pour sentir l'odeur de ses cheveux au shampoing « noix de coco »...
« Tu m'as donné une de ses frousses ! Ca ne devrait pas être permis ! »

# Posté le mercredi 17 juin 2009 13:23

Chapitre 78

Chapitre 78
C'est dans ces cas là que je me sens le mieux...
Quand je peux sent
ir Bill contre moi...
Q
uand je peux sentir ses mains dans mon dos, ses cheveux sur mes joues, collant au reste de mes larmes.
Certes,
j'ai fait beaucoup de cinéma pour peu de choses, mais la peur qu'on me l'enlève à nouveau me rend paranoïaque !
Après ce qu'il a vécu, il mérite d'avoir un peu de paix et d'amour...
Oui, je sais que je
suis là pour lui...
M
ais je ne suffirai pas éternellement à combler ses maux. Même si au début, je croyais pouvoir le tirer de là presque seul, je me rends compte que sans appui extérieur, j'aurai bien du mal.
H
eureusement, il y a les autres qui sont là...
M
ais ça n'empêche pas tous ceux qui ne veulent pas de nous dans ce monde !
E
t le plus oppressant est probablement la femme qui se prétend notre mère ! C'est envers elle que j'éprouve cette angoisse infinie !
J'
ai vu de quoi elle était capable, et j'ai peur qu'elle ne fasse souffrir Bill plus encore que ce qu'elle ne l'a fait !

J
'attrape le col de la chemise de Bill et commence à le caresser en frôlant sa nuque chaude. Mes yeux, posés dans le vide, projettent bien des choses...
Mais par-dessus t
out, je sais qu'il faudra que je reste avec Bill, parce que dans tous mes projets, il tient une place importante !
[« Tom, tu m'expliques ? »
Mes mains desc
endent sur la poitrine de mon double. Je me décolle de lui de façon à pouvoir observer son visage, puis je défroisse sa chemise...
« J'ai eu peur Bill !
-De
quoi ?
-Que tu sois e
ncore parti ! Quand j'ai vu que tu n'étais pas dans la chambre, ni dans la salle de bains, ni dans le reste de l'appartement, j'ai eu peur...
-M
ais je n'étais pas loin, ne t'en fais pas ! Je n'ai pas l'intention de partir à l'improviste !
-Je ne
dis pas que tu veux partir à l'improviste !! Mais tout me rend méfiant maintenant ! Je vois des gens qui veulent ta peau partout, je pense tout le temps à ce qui se passerait si on revoyait maman...
C
'est comme si dans ma tête, tu n'étais plus en sécurité nulle part, que le monde entier voulait t'arracher à moi...
-Mais Tom
, il n'y aucun souci ! Regarde-moi ! Je vais très bien !
-Je sais Bill, mais tu n'as pas toujours eu un sourire radieux... »

Ma tête alourdie
par les soucis retombe dans le cou de mon homologue.
« Tom, tu as l'air complètement perdu !!
-Je le sui
s, mais ça n'a pas d'importance, ça ira mieux demain...
Mais dis, qu'est-c
e que tu fais ici à trois heures du matin ?
-Je... Je voulais juste essayer de chanter un peu, voir ce que c'était exactement Tokio Hotel !
-Ca fait longtem
ps que tu es là ?
-Eu
h...oui...enfin, je crois !
-C'
est ça que tu trifouillais !
-Oui !
^^
-Et tu les trouves comment les chansons ?
-Dans l'ensem
ble, pas mal ! Juste l'une ou l'autre qui ne me plait guère !
Mais sinon, ça
me va !
-L
esquelles ne t'inspirent pas ?
-N
ach dir kommt nicht...
-Ha ! Ce n'est
pas bien grave, on ne l'a jamais jouée en concert...
-Et reden !
-Quoi
? Tu n'aimes pas reden ?
-Ben, non, pas vraime
nt !
-G
ott ! C'est une de mes préférées ! Et une des préférées des fans !
-Ha ! Ben, je c
rois que je ferai un effort pour l'apprendre dans ce cas !
-
On en reparlera à David !
-Oui
, mais demain... Là, je commence à être fatigué ! »

Il sour
it béatement...
Je ne sais pas
ce qui le rend si heureux, mais il est vraiment beau à voir. Bien qu'il soit trois heures du matin, il est encore frais et joyeux !
Mes petits bras se nouent derrière sa chemise, et j'enfuis mon nez dans le linge blanc.
« On va dormir ?
-Ca nou
s fera du bien...
-Oui
!
-Tu as le courage de
dormir seul cette nuit ?
-Ho non !
Bill ! Ne me lâche pas ! Tu sais bien que...
-Ok, ok,
ça va ! On rapprochera nos lits !
-Merci !
»

__________________________________________________________________


J
e n'ai pas encore réussit à fermer l'½il. Il faut dire que les jumeaux ne sont guère silencieux. Du haut de mon lit superposé, je les observe se chamailler.
« Bill, j'ai froid !
-Ben viens
près de moi ! »

Tom roule sur
le lit, puis va se blottir contre son jumeau en entraînant avec lui toute la couette. Les draps que j'ai refait ce soir n'auront pas tenu bien longtemps !
« Je peux mettre mes bras autour de toi ?
-Non,
t'as trop froid !
-S'
il te plait !
-Non !
-
Allez...
-Roh, bon d'a
ccord, mais après, tu dors ! J'ai sommeil moi !
-D'accord
! »

L'ai
r satisfait, Tom s'exécute... Le visage de Bill grimace un instant, alors qu'il frissonne entre ses dents serrées...
« Aïe mais tu me fais mal !
-Mais je n
'ai rien fait !
-Si, tu
m'as pincé !
-Ce n'est
pas vrai d'abord !
-M
ais si ! Et puis donne moi ça d'abord ! »

Bil
l arrache la couette de Tom et s'enfuit dedans ! Le dreadeux se retrouve nu comme un ver, à l'exception de son boxer qui lui moule les hanches...
Je n
e me suis toujours pas habitué à voir son torse tailladé de coups de scalpels, et un pincement me serre le c½ur !
« Mais Bill ! Laisse-moi un bout !
-Non... tu m
'as donné froid, je dois me réchauffer maintenant !
-Allez, fais-moi une place, sinon je te mange tout cru !
-T'
oserais pas !
-C'est de
la provocation ? »

Bi
ll se roule plus profondément dans les draps, l'air satisfait, alors que Tom tire le coin de la couette !!
« Allez !
-Arrache
la moi si tu la veux !
-Tu veu
x que je te mange hein ? C'est ça ? »

Bill d
étourne le regard, et Tom commence à enfuir ses mains dans le cocon moelleux pour taquiner le brun ! Ils jubilent d'amusement, ce qui anéantit une fois de plus ma tentative pour fermer les paupières! Au bout de quelques secondes de jappements bestiaux et de rires enfantins, Tom est à cheval sur les hanches de Bill qui a étendu la couette sur tout le lit ! Le dreadeux tend ses bras devant lui et fait pianoter ses doigts dans le vide, au-dessus des yeux de son vis-à-vis !
« Oh ouii ! Je vais te manger tout cru ! Comme un bon rôti tout tendre qui sort du four ! »
Bill esquisse
un sourire, alors que Tom se jette littéralement sur lui, fond sur son petit corps frêle pour l'engloutir de douceur...
« Bah dégueux ! Tu m'as léché l'oreille ! »
Bill repousse
Tom en lui mettant la main sur la bouche et en essuyant son oreille avec son autre bras ! Il y a entre eux un regard plein de cette malice et de cette complicité que j'envie de plus en plus en les observant.
Le dreade
ux attrape alors le bras de Bill qui hurle soudainement !
Un frisson me
ravive ! Ce cri perçant siffle désagréablement à l'oreille, alors qu'une expression de souffrance atroce empreint son visage !
« Lâche-moi Tom ! Lâche mon bras ! Tu me fais mal ! Arrête !»
Au début,
je crois à une comédie bien masquée !! Mais lorsque je vois des larmes énormes envahir le visage du chanteur qui se tord de douleur dans la main de son double, je ne peux me retenir...
« Tom ! Lâche-le ! »
L'interpelé sursa
ute et lâche aussitôt sa prise ! Tout va si vite...
Bill po
usse violemment son frère qui tombe de ses hanches ! Puis, il se lève et va se coller dos au mur, les yeux rouges, le souffle rapide, le regard fixé sur le guitariste qui ne comprend rien !
Le dreadeux, d'un a
utre côté, semble prit au dépourvu et reste immobile, assis sur le matelas, les yeux pleins d'inquiétudes...
La
faible luminosité accentue toutes les traces de coups qui jonchent la peau de Bill...
Le
s griffes, les morsures, les cicatrices roses entre les croûtes brunâtres et les hématomes mauves!
J'avai
s rarement vu pareil ravage! Surtout sur un corps à l'origine si bien soigné...
« Je... Je t'ai fait mal ? »
Pour seul
e réponse, le brun met son avant-bras en bouche et ferme les yeux, ce qui me vaut un froncement de sourcils dubitatif!
« Bill ? Je ne voulais pas ! Je suis désolé ! J'aurais du faire attention à tes bras ! Je ne croyais pas que tu avais encore mal ! »
Les yeux du
blond supplient son frère de le pardonner pour ce dérapage ! Mais son homologue reste immobile, transformé en pierre. Sauf que cette pierre plisse les paupières et pleure...
« Hey, petit frère... Regarde-moi ! Je te jure que ça...
TU FA
IS QUOI A TON BRAS ? »

Les yeux noi
sette du chanteur s'ouvrent violemment, Tom se lève brusquement...
Surpris par ce geste inattendu, Bill entrouvre légèrement les lèvres et laisse couler sur son avant-bras un filet de liquide carmin...

# Posté le jeudi 25 juin 2009 09:10

Modifié le lundi 20 juillet 2009 08:03

Chapitre 79 :

Chapitre 79 :

Je me jette sur Bill...
Mais i
l est trop tard !
Il était à,
sous mes yeux, et je n'ai rien vu ! Comme un con, comme toujours...
Maintenant, il n'y a plus que ce sang qui recouvre son bras, ensanglante sa bouche, rougit ses dents !
Et s
on regard qui me pénètre, me dénude! J'aimerais faire pareil, mais ce que je lis est contre ma conscience ! C'est comme si ça le soulageait, comme si ce qu'il se faisait un bien fou en plantant ses dents dans sa chair !

Je suis à un m
ètre de lui.
Et
le temps s'est figé autour de moi...
Tout s'est
arrêté pour me faire encore plus souffrir de ne pas avoir réagit plus tôt !

Pour que
ce sang qui le quitte souille encore plus mon c½ur de ne pas avoir compris ce qu'il faisait...
Pour que ce
s yeux qui m'accusent de lui avoir fait du tort me fusillent avant que je ne l'atteigne pour le consoler...
Pour que je le
voie s'écrouler, lui et son monde, une fois de plus, sous mes yeux...
Pour qu'on m'oblige
à le voir tomber sans pouvoir réagir !

Ma
main s'apprête à le toucher ! Lui empêcher de continuer...
C'est
peut-être la seule chose qui m'obsède, jusqu'à ce que je voie ses yeux se voiler derrière la peur et l'inquiétude !
Mes doigts s
e figent à quelques centimètres de lui, de sa peau, de ce désastre que je n'arrive pas à empêcher! Je ne peux aller plus loin.
J
e sens son corps souffrant me repousser loin de lui...
Il ref
use que je le touche !
Mo
n index reste pendu dans le vide, à attendre son accord.
Mais i
l tarde à me le donner...

C'est
à ce moment là que la vérité, plus macabre encore que ce à quoi je m'attendais, m'éclate à la gueule !
Entre les cou
lées rouges, sa peau est rosie...
So
n épiderme n'est plus que chair, une chair mutilée, fragile...

Le temp
s reprend sa tournure normale, et je reste bêtement là, planté devant mon frère, sans oser bouger, sans oser l'empêcher d'arrêter...
« Tom, éloigne-toi de moi ! »
Bill gar
de toujours son avant-bras en bouche, laissant à hauteur de mes yeux ses bras dépourvu de nombreux lambeaux de peau...
Le
sang coule le long de ses lèvres alors qu'il garde encore ses dents enfoncées en lui-même ! Je le supplie d'arrêter, mais il n'entend pas...
A la place
de son bras, j'aimerais que ce soit le mien, qu'il cesse de se faire souffrir. Peut-être que si ce n'était pas sa chair sous ses dents, il n'oserait pas y toucher !

Je n'ai pa
s la force de le quitter et de m'éloigner, mais je n'ai pas non plus celle de l'aider !
J'ai envi
e de l'approcher, mais il met des barrières entre nous !
Je n
e comprends pas !
Pourquoi il
se fait ça ? Pourquoi son bras est comme ça ? Pourquoi est-ce qu'il a d'un coup si peur de son frère ?
« Bill, arrête !
-
...
-Je n'a
i jamais voulu te faire mal ! Pourquoi tu es si bizarre ? »

Au mo
t bizarre, je comprends que je viens de faire une bêtise !
S'il
en avait eu la force, il m'aurait jeté au sol et réduit en pièces !
« Tu m'as quand même fait mal Tom ! »
Je déglutis, mal à l'aise !
Pourquoi ? Com
ment est-ce que j'aurais pu ?
Il s'est plai
nt que le pinçais quand j'ai voulu l'enlacer...
Il s'est mit à
hurler quand je lui ai agrippé le bras...
Ma
is je ne voulais rien de ça !

L'image de s
a chair rosie me répugne...
« Bill, où as-tu mal ? »
Il referme
les yeux, inspire profondément...
Je lui ai
touché le bras, ...
Rien de plus...
Pourqu
oi lui aurais-je fait mal ?

_______
_________________________________________________________

Ou
i, ça fait mal...
Mais tellement moins mal...
Le san
g se mélange à ma salive, le liquide ferreux se répand lentement sur mon avant-bras en étouffant les flammes qui brûlent ma peau...

Mes dents qui s'e
nfoncent dans ma peau soulagent la chair mise à vif sur mes bras.
Mais
elles font plus que ça !
Elles
m'aident à me défaire de cette frustration qui me réduit à néant !

I
l était le seul...
J'
avais tout misé sur lui...
Il ét
ait le seul qui me donnait envie de vivre...
Il était l
e seul en qui j'avais accordé ma confiance...
Je croyais qu'un f
re ne me ferait pas ça...
Mais
il l'a fait !
Il voulait me fa
ire croire à un jeu, mais c'est tellement pire...
Il a nié qu
'il m'avait pincé, mais j'ai senti ce courant électrique me parcourir quand il a frôlé mon bras !
Mais
surtout, j'ai senti cette brûlure atroce quand sa main s'est refermée sur mon avant-bras !
J'a
i senti en lui ce désir de faire durer la douleur...

Et plus j'
y pense, plus ma frustration grandit ! Pourquoi il a voulu me faire mal ? Pourquoi il s'acharne sur mes bras mutilés ?
Si on veu
t me faire souffrir, je peux me faire souffrir aussi !
Je n'ai p
as besoin des autres pour ça !
J
e croyais qu'il voulait m'aider, mais comme tous les autres, il a réussit à m'enfoncer...

Puisque c'est ainsi, je veux le faire croupir d'horreur...

_
________________________________________________________________

Les mâc
hoires de Bill se resserrent sur son bras ! Le sang afflue de plus belle !
Un c
ri m'échappe, alors qu'il se dévore!
Mes yeux s'a
trophient !
Mes m
ains se rapprochent...

J
e n'ose le toucher...
Pourquoi cette impression qu'il n'a pas confiance en moi ?
« Bill
, arrête ! Pourquoi tu fais ça ? »
Il plis
se les paupières, retrousse son nez...
Les
larmes perlent au coin de ses paupières, mais il continue à resserrer les dents...
Je
commence à m'emballer, devant lui, à crier, à me tirer les cheveux !
« Bill
, arrête ! Je ne comprends pas pourquoi tu fais ça ! »
Coupé
du monde, il ne m'entend pas ! J'ai beau faire mon cinéma, il ne me prête aucune attention !
Il y a
juste cette chair rose, ce sang rouge, cette incompréhension... et mon frère !

« 
Bill, qu'est-ce qui se passe... Je comprends rien ! »
Ses yeu
x s'ouvrent à nouveau...
Il
me jette des regards qui me font comprendre que je le dérange !
Et ses dents serrent
encore !
J'imagine un
instant que c'est mon bras qu'il mord, que c'est mon corps qu'il mutile !
Je
ressens la souffrance me parcourir, les hurlements s'étrangler dans ma gorge, les larmes bler mes joues !
Je ne
veux pas qu'il se fasse ça !

Mes doi
gts attrapent alors son avant-bras, décidés d'en finir, et le lui arrachent !
Il hurle, un
e fois de plus, et je vois sa main fouetter ma joue et me jeter à terre !
Puis, il pro
tège ses plaies dans sa paume en agonisant au milieu de la pièce !
« Je le savais ! Je le savais que tu voulais me faire mal ! T'es pareil Tom ! »
Le
coup brûle sur ma joue, alors où j'avais si souvent eu droit à de tendres baisers...
J'ai vraiment du louper quelque chose !
Pou
rquoi il est comme ça ? Pourquoi il prétend des choses aussi abominables ?
Pourquoi l
e ferais-je souffrir ?
Les coulées car
min s'écrasent au sol, tâchent le parquet !
Moi,
je le regarde pleurer et hurler, complètement anéanti, démonté, déboussolé...
Où est-
ce que j'ai foiré ?
B
ill se rapproche de moi !
« Putain, me regarde pas comme ça ! Ne fais pas le chien battu...
C'est ta faute.
..
-M...mai
s qu'est-ce que je j'ai fais ?
-
Mal ! Tu le voulais, ne fais pas l'innocent !
-J'ai jamais
voulu te faire une chose pareille !
-Et bien t
u l'as fait !
-Mais quoi ? Qu'est-ce que je t'ai fait ? Je suis désolé, je ne voulais pas toucher ton bras...
-Tu me l'as empoign
é comme un barbare !
-Je t'ai effleuré Bill !
-Tu crois que j'a
urais hurlé si tu l'avais effleuré? »


Je f
ais le vide de ma tête, tente de repenser à ce qui l'a mis dans cet état...
Pour
moi, tout est très clair...
Il
était sous moi, j'ai voulu le câliner...
J'ai d'abord effle
uré son ventre, je me suis étonné de toutes ses plaies...
Et a
près, je suis monté sur son bras ! C'est là qu'il a hurlé...
Pourq
uoi ?
Je m'écroule en
moi-même devant tant d'ignorance...
Aidez-
moi à le comprendre...

# Posté le vendredi 03 juillet 2009 15:52