Chapitre 80:

Chapitre 80:

Je lui cracherais dessus à le voir nier ses gestes ainsi !
Là,
lui, celui qui fait l'innocent, croupissant au sol comme un vulgaire sac à patates !
J'ai senti sa main empoigner mon bras et le serrer fort, si fort qu'il en vienne à me brûler !
Je hur
lais de douleur, à cause de cette paume rude plaquée contre ma chair mise à nue, fragile...

Non,
je n'y croyais pas au moment où il m'a pincé ! Mais il me l'a confirmé !
Il
prenait un plaisir fou à me voir pleurer et le supplier d'arrêter ! Oui, il m'a bien eu, à vouloir me faire croire qu'il me voulait juste contre lui...
Et maintenant enco
re, il m'a refait le coup...
A
lors qu'on ne vienne pas me dire le contraire ! Oui, planter mes dents dans mon bras était la seule solution que j'avais trouvée pour m'apaiser, me calmer !
Qua
nd il me l'a arraché, il y avait encore en lui ce désir de me faire mal !!
Mal à en c
rever !
Mal p
our que je sente ce sang couler, encore, encore, encore...

J'i
nspire profondément et regarde le détritus à mes pieds ! Il fait semblant de ne pas comprendre, avec ses yeux globuleux innocents, mais il sait !
Il sait qu'
il l'a fait exprès...
Là, j'ai e
nvie de lancer mon pied dans son nez, qu'il tombe au sol et qu'il s'incline devant ses actes !!

Mais non, il fixe
mon bras, feignant d'être horrifié...
Il n
'a jamais vu quelqu'un se mutiler ou quoi ?
Peut-être qu'il faudrait lui apprendre !

Peut-être que ça lui enlèverait ses idées macabres de la tête ! Peut-être que ça le soulagerait de son hypocrisie, de ses mensonges !
Ca m'a bien permis de survivre dans un asile où je n'avais rien d'autre pour cohabiter que la folie !

Je me ra
cle la gorge bruyamment, resserre ma paume sur mon bras...
« Tom, tu me dégoûtes !! J'avais confiance en toi... »

________________________________________________________________

Un coup de massue,
encore un...
Faites q
u'on m'assomme, qu'on me dise que ce n'est qu'un rêve, qu'on me sorte de cette horreur !

Faites que je me
retrouve allongé aux côtés de Bill, alors qu'il dort profondément !
« Tu me dégoûtes...Comment t'as pu faire ça ? »
Il dégage
en effet ce sentiment de répugnance vis-à-vis de moi. Il me regarde comme un rat crevé...
Il me
contourne, comme une malédiction !
« Bill, j'ai jamais voulu trahir ta confiance, mais je ne te comprends pas ! Explique-moi ce qui te passe par la tête...
-T
u le sais, tu m'as fait mal ! »

Ses yeux
noirs de colère me font crouler sous la haine !
Mais
rien n'y fait, je me sens toujours aussi con, je n'ai toujours pas compris...

A moins que...

Mon regard déboussolé se perd sur son bras, sur sa chair rose...
C
'est ça que j'ai touché ! Et comme il grimace maintenant en la frottant, je l'ai fait hurler quand je l'ai effleuré parce qu'il a été surpris...
C'e
st ça qui lui a fait mal...
Je voulai
s le caresser, j'ai touché ses plaies, il a hurlé ! Surpris, j'ai encore resserré mon étreinte ! Il a crié de plus belle, m'a supplié de le lâcher !
Mais
je l'ai gardé entre mes mains, sans le comprendre...
Pire, j'ai
peut-être encore resserré !

Mes m
ains se mettent à trembler, la sueur envahit mon front !
Il a r
aison : je lui ai fait mal !

To
ut se remet en place dans ma tête !
La r
éaction agressive qu'il a eue, ses propos !
Tout est p
ourtant si clair, pourquoi n'y ais-je pas pensé plus tôt ?

J'a
i trahis sa confiance parce qu'il savait que je ne lui ferais jamais de mal.
Ajoutée à son ma
l physique, la frustration qu'il a ressentie lui a fait beaucoup de mal !
Il a voulu é
vacuer ça, s'en débarrasser. Mais il n'a plus de convenances !
I
l a alors réagit comme un bébé qui n'a pas encore reçu son éducation le ferait !
Un j
eune enfant, quand il a mal, va se taper la tête au mur pour transformer la douleur.
Bill a voulu faire p
areil !
Se mordre, c'était une façon pour lui de contrer ce que je venais de lui faire !
Certes, pas l
a bonne solution, mais c'est compréhensible...

Je continu
e à fixer le brun pendant que l'énigme termine de se démêler dans ma tête...
J'ai trahi sa conf
iance...
Inconsciemme
nt, involontairement, mais je viens de perdre beaucoup...
La po
ssibilité que mon frère fuie encore me traverse l'esprit !

Comm
ent lui faire regagner ce qu'il venait de perdre ?
Comment lui
faire comprendre que je ne le voulais pas ?
« Bill, qui a fait ça à ton bras ?
-Quoi,
ça ? Tu ne l'as pas vu peut-être ! Espèce d'imbécile !
-Qui t'a
arraché la peau au point qu'une simple caresse te fasse hurler de douleur ? »


J'ai
touché un point sensible ! Mon double baisse les yeux au sol, trouve un intérêt tout particulier à ses pieds...
« Ce n'est pas moi qui t'ai fait ça Bill, et tu le sais...
Je voulais te déte
ndre, mais je n'avais pas vu ! C'est ça qui t'a fait mal, tu le sais !
Alors ne m'accu
se pas !
A ce que je sache, ce n'est pas moi qui te mutile. D'ailleurs, entre nous, je croyais que ça t'était passé !
-Arrête T
om, tu l'as fait exprès !
-Non Bill, tu
sais que je n'ai jamais eu l'intention de te faire ça...
Je ti
ens trop à toi pour ça !
-Non ! Tu m'as fait mal ! »


Il repren
d un ton de colère, serre les poings, me fixe de cet air rageur...
« Tu mens ! Tu as pris du plaisir à me faire ça !
La fureur
commence à m'emporter aussi !
Mais putain Bill si je te le dis, écoute moi un peu ! Tu crois que j'aurais fais tout ce que j'ai fais pour toi si mon seul but était de te voir souffrir ? Si c'était le cas, je t'aurais laissé en Arabie, ou à l'asile, mourant dans ta cellule...
« Je
le sais, je l'ai senti... »


Mes
poings se serrent, je mâche mes lèvres pour essayer de me retenir ! J'ai moi aussi un minimum de dignité à défendre, j'ai le droit de me battre pour mes valeurs...
Je veux qu'il
se rende compte de la vérité plutôt que de m'accuser à tort !
« Oui, j'ai senti ta satisfaction quand tu me dominais, quand tu as su me mettre à ta merci ! Quand t... »
Je n'en peux plus !
J
e me lève brusquement, laissant à peine le temps au chanteur de me voir bondir sur lui !! Mon corps frappe le sien de plein fouet, et je vais le coincer contre le mur !
J
e souffle sur son visage la rage qui coule dans mes veines !
« Tu veux avoir mal Bill ? C'est ça que tu cherches ? Tu veux les vrais problèmes ? »
S
es pupilles se rétractent et son visage s'empreint d'une peur qui me réjouit !
Je l'é
crase contre le mur, passe ma main sur son entre jambe et mes doigts se referment sur ses bijoux...
« Je vais te faire mal Bill, je veux que tu aies vraiment mal !
Tu en
tends ? Je veux que tu comprennes que jusque là, je ne te voulais rien...
C'est la p
remière fois que je te fais mal volontairement, et ce sera la dernière...
Ma
is je veux que tu saches ce que c'est que de la souffrance ! Je veux que tu saches ce que c'est que d'être vraiment frustré ! »

Il se me
t à grimacer alors que je me fais violence pour resserrer ma main sur son intimité...

# Posté le lundi 20 juillet 2009 08:55

Modifié le lundi 20 juillet 2009 09:26

Chapitre 81 :

Chapitre 81 :


Un hurlement lui échappe...
Je ressens sa douleur dans tout son corps, pressé contre le mien...
Mon c½ur accé
lère ! Bordel, je ne voulais pas ! Je suis taré de faire ça à mon frère ! Putain, je l'aime...
Le chanteur su
e, de grosses gouttes salées glissent sur ses pommettes, il appuie ses avant-bras sur mon torse et tache mon T-shirt en voulant me repousser...
Mais je continue à
l'étouffer entre le mur et moi, je resserre encore mes doigts sur lui...
Le voir d
ans cet état me déchire le c½ur !
Je me suis battu pou
r qu'il reste en vie, et me voilà en train de le détruire...
Les larmes se mettent
à couler sur mes joues ! A voir ce cou tendu s'offrir en moi, j'ai envie de tout arrêter, de l'embrasser, de lui dire que c'est fini !
Mais il doit comprendre, et bordel qu'est-ce que ça fait mal !
Je peux bien aller
m'enterrer vivant après ça !

Puis, Bill cesse de se d
éfendre...
Ses petits bras
n'osent plus tambouriner mon torse ! Il baisse la tête dans un cri faible et rauque...
Je m'
écarte un peu, et il s'écrase au sol, haletant, en pleurs, avant d'enlacer ses genoux et de se recroqueviller sur lui-même comme un foetus !
La culpabili
té est à son comble, alors que je l'admire, innocent et si vulnérable !
Qu'est-ce
que je lui ai fais ?

Je m'
accroupis à ses côtés, caresse sa joue humide. Il a les yeux dans le vide, la poitrine secouée, les membres tremblants.
« Bill, je suis
désolé...
Je ne te le ferai
plus, plus jamais...
Mai
s il fallait que tu saches.
Ma
intenant, je n'ai plus qu'à me laisser ronger par les remords ! »
Il f
ixe le vide, mords ses lèvres en pleurant. De temps en temps, il cligne des yeux et renifle légèrement. Mais je n'ai pas droit à un regard, même pour me dire qu'il veut que je crève !

Je reste là longt
emps, à culpabiliser, à l'entendre gémir, à m'en vouloir, à partager ses pleurs, à caresser sa joue...
Lui, i
l tremble seulement, comme une feuille...
Les perles s
alées ne cessent de sortir de ses yeux irrités, traçant des coulées noires sur sa peau douce.

« Je t'aime Bi
ll... »
Je vais déposer un
petit baiser sur sa joue humide, espérant qu'il ressent ma culpabilité. Si seulement le contact de mes lèvres avec sa joue pouvait lui faire comprendre qu'il est tout pour moi et que je n'ai jamais désiré ce que je viens de faire !
Je m'attarde
un peu dans ce geste, goûtant au velouté de la peau de mon petit ange...
Je n'ai
pas eu droit à un coup d'oeil de sa part de toute la soirée...
J'ai sûrement encor
e cassé quelque chose entre nous, et j'ai si peur de ce qui va arriver !

Je care
sse une dernière fois sa joue, puis je parcours son corps du bout des doigts...
Je
me relève ensuite et tourne les talons.
Ce soir, je dor
mirai dans le salon...

___
_________________________________________________________________

Je suis choqué
par l'attitude des deux jumeaux !
Couché dans mon peti
t lit, je tente de m'enfoncer de plus en plus dans le matelas, me faire tout petit...

Cette violence, ces hu
rlements, ce sang, et en même temps tout cet amour !
U
n bruit de pas m'indique que Tom quitte la pièce !
La
lumière s'éteint, mais mes yeux restent rivés sur le plafond noir...
Je
tremble sans pouvoir me contrôler !
J
'avais mal pour l'un et pour l'autre en même temps...
J
e n'ai pas compris pourquoi Tom avait fait ça, mais apparemment, il a réussit à calmer les idées tordues de Bill !

Mon c½ur bat fort, e
ncore secoué par les évènements. Moi, je n'ai pas osé bouger !
J'étais scotché à
mon lit, dépassé par les évènements !

Je soupire longu
ement, tentant d'évacuer mon surplus d'émotions, puis j'écoute mon sang qui retentit dans mes tempes douloureuses.
S
e mêlent à mon souffle les tremblements de la voix de Bill, les sanglots qui brisent le silence, les gémissements du chanteur !
« Bill... ça va ? »
Je tente
cette question d'une voix incertaine, sans vraiment attendre de réponse.
Mais je
n'ai pas la force de fermer les yeux, surtout pas en sachant qu'il est toujours là, gisant au sol, en train de souffrir de ce qui vient de lui arriver...

Il comm
ence à toussoter, et ses sanglots s'amplifient pour venir bourdonner à mes oreilles.
Je mets alors mes mains
sur mes oreilles, en espérant les faire taire...
Mais
rien à faire, les images m'obsèdent...
Je vois Bill hu
rler, le regard perdu de Tom, les remarques qui volent, les « tu m'as fait mal », les « je ne voulais pas », et encore bien d'autres choses !
Quand j'ôte mes mains
de mes oreilles, Bill gémit toujours !
Mon c½ur se se
rre, et je descends du lit superposé pour aller allumer l'interrupteur.
So
n petit corps frêle, abandonné et souffrant, gît toujours au même endroit, dans la même position.
Ebloui par l
a lumière, le beau brun ferme les yeux...

Je m'approche lent
ement de lui, me laisse frapper par sa souffrance, ses tremblements...
Mes genoux
se plient et je me retrouve à ses côtés, en train de caresser ses cheveux ébène.
« Tu viens te coucher ? »
Il
me jette un ½il avant de refuser d'un signe de tête. Ses lèvres se mordent mutuellement, ses ongles s'enfoncent dans ses mollets.
« Tu
ne vas pas rester là quand même ! »
Il ne répond pas
.
Je passe alors mon bras so
us son flanc, mais il se met à gémir bruyamment en se dandinant pour me faire comprendre qu'il préfère rester là...
Aujourd'hui, on dira
it que SuperGustav ne lui sera pas d'un grand secours !

Un peu déçu, je me relève et vais chercher la couette sur le lit, avant de l'étendre sur son petit corps tremblant.
Il ne me regarde pas, pas même du coin de l'½il.
Il doit vraiment être très vexé ! Tom a bien réussit son coup !
Ma main effleure une dernière fois sa joue. J'aimerais pouvoir trouver les mots qui le consoleraient, mais je n'ai aucune idée...
Après l'avoir bordé cinq minutes, il n'a toujours pas changé d'état. Il tremble toujours autant, gémit aussi souvent, pleure tout le temps...
A se demander quand il aura enfin versé toutes les larmes de son corps !

Malheureusement, je ne me sens pas d'aplomb à veiller sur lui toute la nuit, et je retourne me coucher...
Avant de fermer l'interrupteur, je jette un dernier coup d'½il à ce petit ange déchu...
Je sens qu'il hantera mes songes, que je dorme ou pas...

_______________________________________________________________

Le soleil pointe déjà son nez...
Mais moi, je n'ai pas bougé !
La nuit, je l'ai passée à observer le vide de la pièce, le vide de mes pensées...
Je l'ai passée à rager, à trembler, à souffrir, à revivre cette frustration chaque seconde...
J'ai ressenti en boucle ce souffle rageur me tuer en me disant qu'il voulait me faire mal, et cette main qui m'arrachait une douleur immense...

Je tremble toujours, je gémis toujours, je pleure toujours...
Et en même temps je me sens coupable !
Coupable de l'avoir poussé à bout, coupable de l'avoir poussé à me faire ça !
Parce que malgré ce que je m'acharne à me dire, il souffrait en me faisant ça...
Je voyais cette grimace profonde à travers mes yeux embués, je sentais contre moi ce corps crispé par les remords...

Et je n'ai pas la force de lui en vouloir !
Pire, j'ai ma conscience qui me pousse à aller lui demander pardon, même si mon corps refuse de suivre. Lui, il a mal...
Il ne retient que la douleur...
Mais il y avait autre chose dans l'intention de Tom...

# Posté le dimanche 23 août 2009 03:53

Chapitre 82 :

Chapitre 82 :



Je me lève, la
te lourde, si lourde...
Ce que j'
ai fais hier soir ne m'est pas sorti de la tête ! La façon dont je l'ai agressé, dont je l'ai plaqué contre ce mur, à l'en étouffer.
La
façon dont je l'ai réduit à ma merci en me servant de sa faiblesse la plus douloureuse. Comme s'il n'en avait pas déjà assez...
Qui d'au
tre que moi est mieux placé pour savoir que la sexualité, c'est ce par quoi l'homme se sent vivant...

Et moi
, je n'ai pas trouvé mieux que de l'atteindre dans sa dignité masculine.
Ce geste,
je l'ai fait par amour, mais je n'aurais jamais dû agir ainsi. Je viens probablement de casser les fondements sur lesquels notre relation se reconstruisait peu à peu. J'aurais pu commencer par abattre les murs, mais non...
Il a
fallu que je m'en prenne aux fondations, fragiles comme du verre !

Ma
main va instinctivement décoller mes dreads de mon cou, alors que je masse ce torticolis insupportable...
Comment est-il
encore assez fort que pour pouvoir tenir le poids d'un tel acte, d'une telle trahison ?
Mes pi
eds nus effleurent le parquet rugueux et poussiéreux. Il est temps que quelqu'un fasse le ménage dans cet appartement !
Je passe da
ns la cuisine, dévore des yeux les petits fruits juteux, les courbes généreuses des pommes, des oranges, les épines de l'ananas farouche, la forme incurvée de la banane qui à elle seule enjolive la corbeille de son sourire ensoleillé.
Mon ventr
e crie famine devant ces friandises alléchantes, mais je rabats mon poing dessus :
«
 Toi, ta gueule, j'ai pas faim... »

D
ehors, un rayon de soleil perce les nuages. Au loin, un grand bois envahit la colline, devancé par des vergers colorés, des arbres en fleurs. J'inspire profondément, ferme mes paupières, et mets ma main sur le carreau. Qu'on ne vienne pas me dire que je vais salir les vitres, je ne suis pas d'humeur !
, j'ai besoin de calme, d'un moment seul avec moi-même...
J
'ai besoin de retrouver ma sérénité, de me couper de la réalité pour sortir de cet enfer dans lequel je me suis jeté...
J'
ai besoin d'espérer que Bill a une petite chance de pouvoir vivre encore heureux !
Ce
sera sûrement sans moi, mais il faut qu'une âme charitable lui redonne le sourire et efface de ses pensées le mal qu'il a enduré.
Je m
e rajoute douloureusement sur la liste de ses agresseurs, ceux qui ont tenté de le faire sombrer :
Après Yasm
ina, Maman, David, mon c½ur se déchire et déverse ses larmes...
Désorm
ais, il y a Tom !

____
_____________________________________________________________

L
a tête dans les cheveux, les yeux à moitié fermés par la tristesse, par la douleur, je me décide à quitter mon antre noire, ma chambre, pour aller voir si je ne peux pas trouver un monde plus beau en dehors !

M
ais ma première vision n'est guère réjouissante. J'avoue que je rencontre ce que je n'espérais pas ! Lui !
Non pas
qu'il m'ait terrori, même si c'est un peu le cas. Mais parce qu'il avait raison...
Sur t
oute la ligne, comme toujours...
Je
l'avais accusé de me faire mal sans savoir ce que je disais ! A croire que je voulais juste me prendre la tête !
A croir
e que j'avais envie qu'il me montre sont ses limites, les limites qu'il m'impose. Parce que dans ce monde, j'ai un peu perdu le fil de la raison, c'est vrai...
Je teste, j
e tâtonne, je cherche. Parfois je trouve, parfois pas, parfois je me prends une gifle.
L'important, c'est de se relever !

Et h
ier, j'avais besoin qu'il m'apprenne à distinguer la douleur, la véritable souffrance, d'un accident banal...

J
'observe mon jumeau, le regard pensif. Lui aussi, on dirait qu'il réfléchit.
Assis su
r le rebord de la fenêtre, il contemple le paysage lointain se dessiner à l'horizon. Mains posées sur les genoux, tête appuyée sur le rebord de la fenêtre, genoux repliés sur son torse, son regard ne se pose sur rien d'autre que le vague...

Je fais
quelques pas en avant, mais décide de ne pas me rapprocher plus !
Il
doit m'en vouloir de l'avoir accusé ainsi !! Je devrais peut-être m'excuser !
Alor
s je reste là, à cogiter, réfléchir à ce que je pourrais bien lui dire...
A mon grand soulagement, il ne tourne pas la tête, et me laisse l'admirer dans toute sa beauté. Oui, il pleure ! Et alors ?
Est-ce que ça
veut dire qu'il n'est pas beau ?
A c
e que je sache, il est le seul à avoir réussi à toucher si profondément ma sensibilité...
S
i ça, ce n'est pas de la beauté !

___
______________________________________________________________

Pour le mom
ent, je ne peux dire qu'un mot : malaise !
Il
résume facilement l'humeur du jour, l'atmosphère ambiante, le sentiment caché derrière le silence !!
On
est bêtement là, plantés comme des cons, à essayer de convaincre Tom de venir répéter avec nous. Après tout, c'est pour ça qu'on est là non ?

G
ustav m'a tout raconté, mais je n'arrive pas à comprendre cette âpreté qui se transmet froidement entre nous !
Alo
rs qu'on a l'habitude de discuter pour se soutenir et essayer de trouver des solutions adéquates à nos problèmes, Tom se referme complètement sur lui-même !
A vrai dire
, j'en prends un coup, et je crois que lui aussi !
Ce
renfrognement, ça ne peut être que mauvais signe !

La seule foi
s où je l'ai vu ainsi, ça a failli se terminer en suicid! Et c'est ça qui me fait froid dans le dos ! Il vit pour son frère, il vit même par lui, à travers lui...
Ma
is il en a prit un coup, et un gros !
Je pose ma main sur son épaule, la secoue lentement, l'air de dire « Ne t'en fais pas, ça va passer, ça va s'arranger ! ».
Mais e
st-ce que j'ai vraiment l'air d'être crédible ?

La
seule chose qui suit, c'est la nouvelle larme qui glisse sur la joue de Tom, qui irrite encore un peu plus ses yeux, qui enfonce encore un clou dans son c½ur déchiré de toutes parts.
« (G
ustav) Tom, tu as passé toute l'après-midi assis sur cette fenêtre ! Il faut que tu bouges !
(M
oi) On devrait allerpéter ! Ca te changera les idées ! »

Le dreadeux renifle, les yeux plongés vers son horizon, maintenant noir...
« (Gustav) Même Bill s'est mis au boulot, il répète depuis ce matin !! On devrait faire pareil ! On aura l'air con si lui est prêt mais nous pas !
(Mo
i) Tom...
Tu veux pa
s un truc à mange? Tu sais il suffit de demander et on t'apporte ça...
(Gu
stav) Tu ne devrais pas faire l'indifférent comme ça ! On sait que ce qui s'est passé hier te touche, mais ce n'est pas une raison pour nous laisser tomber ! On est un groupe quoi ! »

L
e guitariste déglutit bruyamment, puis jette ses pupilles sombres sur nous.
Ses l
èvres s'entrouvrent, laissant parler une petite voix rauque et fatiguée :
«
 Je suis désolé les gars, mais j'ai besoin d'être seul... »
Son regar
d nous supplie de partir alors que sa voix nous prie de rester quelques minutes de plus...
I
l s'efforce de garder un air fort et sûr de lui, mais ses tremblements le trahissent !

I
l a détruit son frère, mais c'est leurs deux vies qui s'écroulent.
On se reg
arde un instant, rendus muets par l'émotion face à laquelle on ignore comment réagir !
Pu
is, le dreadeux détourne à nouveaux le regard pour reprendre la posture qui l'immobilise depuis des heures innombrables...
Sans rien rajout
er, je lance un petit mot à Gustav, et nous quittons rapidement la pièce...
N
ous avons une même idée en tête...
Par
tir rejoindre des amis qui jamais ont toujours osé refuser notre aide et qui pourtant nous ont été d'une bien grande utilité...

Des
amis qui ne nous ont jamais laissé tomber, mais qu'on a malheureusement précipités de nombreuses fois à terre !
Des
amis qui même s'ils font la sourde oreille, ont toujours un mot pour nous accompagner...
Des a
mis qui ont traversé vents et tempêtes pour nous mener plus haut que nos rêves en acceptant de faire de nous des vedettes, mais sans vraiment garder leur part de gloire...
Des amis modestes, mais toujours présents au moment où on a besoin d'eux...

Pour
moi, je parlerai d'un ami à la voix grave, au timbre rauque, qui me souffle ce que je veux entendre quand je le veux...
P
our Gustav, je parlerai d'un ami légèrement bruyant, qui a le rythme dans la peau et qui n'hésite pas à le faire savoir !

# Posté le dimanche 23 août 2009 04:01

Chapitre 83 :

Chapitre 83 :


« Non...
Pas com
me ça !
Je recomme
nce !
... Es begi
nnt jeden morgen, es klingelt um sieben...»

L'adoles
cent à la chevelure ténébreuse dessine sur le bout de ses lèvres une nouvelle moue de déception.
Ses doigt
s fins se portent à sa bouche, alors qu'il les mord, l'air embarrassé !
Puis, i
l inspire profondément et recommence une nouvelle fois :
«
 Es beginnt jeden morgen, es klingelt um sieben, der wecker und ich... 
Ma
is non ce n'est pas ça! J'en ai marre ! »

Ses joues
se gonflent d'air, et il tourne un ½il, l'air désespéré !
Mais quan
d nos regards se croisent, il reprend tout de suite une attitude civilisée, essayant de masquer la honte qui teinte ses joues...
« Tien
s, tu es là toi ?
-A
rf...
-
Ne fais pas attention, je... enfin j'étais un peu en train de rêver !
-J'ai cru remarque!
-Mais je t'avo
ue que j'ai du mal à faire rentrer celle-là ! »
Le b
run tape sur sa feuille de paroles avec le dos des doigts, puis me regarde à nouveau !
« Elles vont vite... J'ai encore du mal à les prononcer tellement elles sont rapides !
- T
u te débrouilles comme un chef !
-J
e n'ai pas encore appris la moitié des chansons !
-Tu
travailles d'arrache-pied depuis ce matin...
-Mais
me, je n'arrive pas au résultat que je voudrais !
-
Ne t'en fais pas, tu y arriveras ! Il te faut juste un peu plus de temps !
-Hm...
-Di
s, Gustav et moi on s'ennuie un peu... Les répétitions, c'est un peu lourd ! Tu ne voudrais pas venir manger un bout avec nous, histoire de te changer les idées ! »

Le
chanteur jette un regard triomphant à sa feuille chiffonnée, puis esquisse un large sourire plein de dents blanches...
« 
Ok !
-C
'est super ! Tu veux qu'on aille à la crêperie pas loin ?
-Oui, pourquoi pas, mais... et T...
-Non, il ne vient pas !
-Pourquoi ?
 »

Une profonde d
éception se lit sur le visage de l'androgyne, dont le sourire s'estompe petit à petit...
« Il n'es
t pas très bien en ce moment...
Il... I
l a besoin d'être un peu seul je crois !
- Mais il ne m'
a même pas dit bonjour aujourd'hui ! »

J
e sais Bill...
Et d
emain, ce sera sûrement pareil...
Mais
ça, tu ne peux pas le comprendre, pas encore !! Tu ne peux pas comprendre ce qui se passe dans sa tête !
Mais ne
fais pas la même erreur que lui. Ne te prive pas des joies de la vie parce qu'il a décidé de bouder...
« 
C'est qu'il est un peu à bout, mais ne t'en fais pas ! Ca va lui passer !
-C'est ma faut
e hein ?
-Non ! No
n, non...
-C
'est moi qui l'ai mis en colère !
-Bill,
arrête de dire ça... C'est quand même lui qui décide de s'isoler !
-
Mais, je... »
Je m'a
pproche du chanteur, prends ses mains, et fixe ses pupilles noisette.
L'inqu
iétude et la culpabilité se lisent dans ses yeux fatigués.
Je po
se mon index sur ses lèvres humides et lui souris !
« Laisse-le râler, tu connais Tom, il est comme ça !
Nous, on va aller nous détendre un peu !! Ne te mêle pas de lui...
-Mai
s, il a...
-
Non Bill, tu as besoin de te changer les idées...
Arrête
de te mêler des soucis de ton frère, tu en as déjà assez comme ça !
-Ou
i mais...
-Chut !

-Mais je
peux aller lui faire un bisou avant de partir ? »
Il est
tellement sincère que sa demande m'empoigne le c½ur !
J'a
i de la chance qu'il soit encore assez influençable que pour qu'on puisse facilement lui remonter le moral.
La
seule chose qu'il réclame, c'est un bisou.
me si à mon avis, Tom ne sera pas très d'accord, je ne peux m'empêcher d'accepter !

_____
___________________________________________________________

Il a
toujours ses yeux plongés vers le vide, vers l'infini...
Comme il a toujours assez de larmes que pour qu'elles puissent continuer à couler.
Je me
sens d'un coup si mal en sa présence !
Quand je le regarde, c'est une bouffée de culpabilité et de remords qui me serre le ventre, et non pas ce remerciement que je lui ai tant de fois adressé !

« T..
.Tom ? »
Je me sens si coupable dans la situation qu'il me semble normal que ce soit moi qui aille m'excuser auprès de lui. J'attends qu'il se tourne vers moi, pour pouvoir continuer, mais il ne bouge pas !

Je re
ste encore un peu là, à le contempler, à l'écouter sangloter ! J'aimerais qu'il me regarde un peu, même si c'est pour me défoncer !! Mais non, son attention est attirée uniquement par l'obscurité qui régit le monde de l'autre côté de la vitre !

« Je...
je pars... »
A ces
mots, ses poings se serrent, sa poitrine se soulève !
« M
ais je reviens... Je vais manger un bout avec Georg et Gustav ! »
Il ex
pire lentement, sans bouger le reste de son corps. Je ne sais pas pourquoi il ne me regarde pas, mais je sais qu'il m'écoute !

A
près avoir longuement hésité, je décide de tourner les talons ! J'ai trop peur de l'embrasser avant de partir.
Il y a comme un mur qui s'est bâti entre nous, et je n'arrive pas à le franchir !
Sa froideur, son indifférence, tout ça me touche profondément, mais en mal !

____________
_____________________________________________________

Je
me fais un mal de chien pour m'empêcher de le regarder dans les yeux, pour le supplier de prendre un monstre comme moi dans ses bras en acceptant de le pardonner !

Sa petite
voix incertaine brise le silence qui m'habite depuis longtemps...
Mes
yeux restent plongés vers les bois, mais mon oreille n'est plus aux aguets du vent qui ricoche contre les carreaux.
Elle ch
erche l'écho de cette voix pure et mélodieuse...
«Je
... je pars... »

Malheureusement, les paroles me disent ce que je ne veux pas entendre ! J'essaye d'empêcher mes yeux de verser plus de larmes en serrant les poings...
Est-c
e vraiment ce que je mérite pour lui avoir fait du mal ?
Est-c
e qu'il doit vraiment partir à nouveau ?
J'a
i vraiment envie de crier que non, il doit rester ! Mais les mots restent coincés au fond de ma gorge, alors que mon c½ur s'emballe...

« Mai
s je reviens... »
Je tremble
presque quand tu me dis ces mots. Tu reviens ?
Mais est-c
e que tu me reviendras à moi, un jour ?
Est-ce que tu
me pardonneras ?
Je prie presque pour que tu restes encore, mais tu t'en vas déjà !
J'ai
tellement de choses à te dire...
T
a peau me manque, ta chaleur me manque...
Mais je sai
s aussi bien que toi que je ne la mérite pas, après avoir été aussi indigne !

Tes pas résonnent dans la pièce, comme la fois où tu m'as été arraché une seconde fois !
J'ai en
vie de me jeter sur toi pour te supplier de prendre soin de mon petit frère, mais je ne peux pas me le permettre !
D
'ailleurs, je n'aurais pas du laisser à mes yeux le loisir de t'observer alors que tu avais le dos tourné !
Lâche
que je suis...
J
e n'assume même plus le fait de t'aimer...
_
_______________________________________________________________

« Bill, tu as
à peine touché à ta crêpe... 
-En fa
it, je n'ai plus très faim ! »
Tu c
aches tes yeux mensongers sous tes mains soigneusement manucurées.
Nou
s ne sommes pas assez dupes que te croire, d'autant plus que nous savons ce qui se passe !
Je dévore des y
eux la pâte dorée encore intacte dans ton assiette...
« Ben, t
u peux me la donner !
-Je
t'en prie, sers-toi ! »
Pas beso
in de me le faire dire deux fois ! Je pique ton assiette et savoure la vue de ce présent si appétissant avant d'y enfoncer ma fourchette !
« Hum
...elle est très bonne ! Merchi beaucoup !
-Avec
plaisir ! »
Tu as be
au jouer le feu, je t'adore quand même pour ta générosité, surtout là, maintenant, avec ce régal sous la langue !
«
Tu es bien préoccupé !
-C'
est Tom !! Il n'a pas bougé de la journée ! Il est resté là, assit sur le rebord de sa fenêtre de l'aube au crépuscule, sans rien avaler !
-C
a va lui passer ! Faut le laisser râler !
-Je
m'en veux !
-
Ha !! Ben, faut le laisserler quand même ! On le connaît assez pour savoir comment il est ! »
J'a
i déjà du mal à me convaincre moi-même, alors je comprends le regard sceptique que tu nous lances !!Mais bon, on ne va pas en faire un fromage ! On ne refera pas Tom,...
« Je n
e peux pas le laisser comme ça !
-B
ouaf... et pourquoi pas ? Il ne va pas en mourir !
-P
arce que... ! »
T
u redessines sur ton T-shirt une ligne, que j'ai d'abord du mal à décerner !
C'est à for
ce de la retracer que je comprends de quoi tu parles.
Je n'a
joute rien, mais j'ai bien compris ton message.

Alo
rs toi aussi, tu t'acharnes à ne vouloir faire qu'un avec lui ?

# Posté le dimanche 23 août 2009 04:08

Chapitre 84 :

 Chapitre 84 :


Les journées me semblent tellement longues...

L
a plupart du temps, je reste là, à bêtement relire mes paroles, à les murmurer, à réessayer un nouvel arrangement.
Apparemment, David est
en train de refaire notre promotion pour qu'on puisse reprendre dès qu'on est prêts.
Mais, je
ne le sens pas encore pour tout de suite !
Ca
r même si je passe mes journées à travailler, je sais que je le fais plus pour combler l'absence que par plaisir...

Chantonner, ça me parai
ssait gai en commençant, mais maintenant, c'est un vrai refuge pour faire passer le temps. J'attends simplement que Tom se décide à bien vouloir me regarder !

Ca m
e fait mal de penser que c'est à cause de moi qu'il est comme ça ! Qu'il passe ses journées entières, et même ses nuits, assis sur un rebord de fenêtre, à regarder le paysage si peu changeant qui se présente à ses yeux.
Il ne m'a plus adressé
la parole depuis ce fameux soir, il y a déjà quatre jours.

Quatre interminables journées de cet
te solitude...
Je n'ai même pas croisé son regard
depuis tout ce temps ! Je n'ai pas osé toucher sa peau...
Je resserre mes bras autour de moi, imaginant que ce sont les siens, et qu'il est dans mon dos.
Me
s épaules se relèvent et j'abaisse la tête sur le côté, espérant toujours qu'un souffle léger puisse venir y voltiger.

Il me ma
nque affreusement. Son sourire à la place de ses larmes, sa présence au lieu du vide qu'il a représenté ces derniers jours...

J'ai envie d'
aller le voir, une fois de plus, mais ce sera encore pareil !! Je m'approcherai de lui, essayerai de lui parler. Ses larmes continueront à dévaler ses joues...
J'insisterai,
mais je n'aurai pas droit à un regard ! Il me rejettera en me faisant comprendre qu'il se plait plus sur cette fenêtre qu'entre mes bras !

Un sou
pir prolonge ma déception. Je m'en veux tellement d'avoir été si maladroit et têtu ! C'est vrai que je n'avais pas toute ma raison, mais je n'imaginais pas que ça se terminerait comme ça !
Mai
ntenant, je n'ai même plus la force d'aller m'excuser tant il est froid avec moi !

Et c'est
tout le groupe qui en pâtit ! Hier soir, j'ai eu une discussion avec Gustav et Georg...
Eux a
ussi commençaient à m'inquiéter ! Moi, je n'ai pas pu retenir ma sensibilité ! J'ai commencé à pleurer à chaudes larmes devant eux, essayant tant bien que mal de leur faire comprendre qu'il me manquait, que j'avais besoin de lui, que je me sentais mal en ce moment, justement parce qu'il ne m'adressait plus un seul mot ni un seul regard !
Ils disaient qu'
ils me comprenaient, mais qu'ils ne pouvaient rien y faire, qu'il fallait que ça passe ! Ils m'ont cependant bien conseillé sur l'attitude à avoir avec lui...

Heureuse
ment que je les ai, ces deux là. Ils ont trouvé les bons mots pour me réconforter.

A me remémore
r ça, je me sens faible et profondément débile ! Comment ais-je pu être assez gauche que pour laisser la situation en arriver là ?
______________
__________________________________________________________

« Tom, il faut que tu bouges de là !
-Laisse-moi ! »


Son
bras que je tenais pourtant fermement glisse entre mes doigts ! J'attrape alors le menton du dreadeux entre mon pouce et mon index, et l'oblige à me regarder !
« Tom, t'es vraiment dégueulasse ! »
Evidemmen
t, attirer son attention n'arrange rien ! Quand il ne ferme pas les yeux, il les baisse ! J'ai beau chercher son regard, il me fuit toujours !
« Mais tu ne peux pas le laisser comme ça ! Tu as vu ce que tu fais à ton frère ?
Tu lui manques Tom,
tu pourrais au moins lui parler ! Hey ! Regarde-moi »

Rien à
faire, il n'a comme seule expression que ses larmes et ses grimaces de douleur ! Et ça fait quatre jours que c'est comme ça !
« Tom Kaulitz ! Je te parle ! »
Mais aujourd'hui, j'ai bie
n l'intention de ne pas le lâcher ! Son frère a le moral à zéro alors qu'il fait tout pour se changer les idées, et on ne peut pas dire que Tom l'aide !
« Tom ! Mais enfin tu pourrais au moins me regarder quand je te parle ! Qu'est-ce qu'il te faut à la fin ? »
Toujours rien...
Ju
ste cet air de chien battu qu'il s'efforce de garder, cet irrespect total envers tout le monde qu'il perpétue inlassablement !
« Tom ! Regarde-toi ! T'es même pas capable de tenir à tes valeurs !
Tu prétends
que Bill est tout pour toi, tu lui sauves la vie, tu vas le chercher à l'autre bout de la planète, tu lui donnes ton corps, tu menaces ta mère pour lui, et le jour où tout ce dont il a besoin alors qu'il est dans la pièce à côté, c'est de son frère, t'es pas là ! »

Evidemment, il ne réagit pas
 ! Quels sont les mots à utiliser pour le percuter ?
Je
relâche son menton, et il se plonge à nouveau vers sa fenêtre !
« Tu m'énerves Tom !
Commen
t tu peux lui faire ça ? Comment tu peux le lâcher comme ça... ?
-Je suis un monstre...
-Ben tie
ns, désolé mais à ce que je sache, tu n'as pas une langue verte ni des poils sur les ongles ! T'as appris à réfléchir avant de dire des conneries ?
-
Un monstre...
-Désolé si je te déçois
, mais tu ne pues pas, tu n'as pas des écailles sur la peau, tu n'as pas du sang bleu ni de la salive mauve !
-Je l'ai agressé !
-Tom, tu as
réagis ! Tu as réagis comme il fallait ! Bill a fait une connerie, tu lui as fait comprendre ! En quoi tu es un monstre ? Ce n'est pas normal de punir quelqu'un ?
-J
'ai pas le droit de lever la main sur lui...
-Tom
 ! Bill, il n'a pas de mère ! Il n'a pas d'histoire, pas de passé, pas de valeurs, pas d'éducation !
Tu compre
nds qu'il doit tout réapprendre ? C'est normal qu'il passe par là, tu n'as pas à t'en faire autant ! Ta mère n'est pas là pour jouer son rôle, on ne va pas le planter dans sa merde ! Tu n'as aucun reproche à te faire Tom ! Tu fais ce que tu peux... »

Les larmes abondent
à nouveau sur les joues du guitariste...
Je lui t
ape légèrement l'épaule pour le réconforter...
S
'il avait été en meilleure forme, je l'aurais volontiers pris dans mes bras ! Mais là, après avoir été si associable, le fait de le toucher devait suffire à lui montrer mon soutient !
« Et,
ressaisis-toi un peu Tom !
Tu sais... Bill, il
n'a rien contre toi...
Pour lui, il a fait une
connerie, il l'assume et il ne te tire pas la gueule parce que tu lui as mis le doigt dessus !
Au contr
aire, il a eu l'impression d'avancer ! De la frustration, de la souffrance, tu l'as dis toi-même, il en a eu beaucoup !
Mais là,
il savait que c'était différent ! Tu l'as fait pour son bien Tom !
Si tu ne bouda
is pas comme ça, il aurait déjà tiré un trait dessus !
-Je
m'en veux...
-Et bien
arrête de culpabiliser ! Si tu n'en faisais pas un foin pareil, il serait dans tes bras, là ! Ne dis pas que tu ça te déplairait !
-...
-Il a pl
euré hier ! Ca m'a fait un drôle d'effet de le voir comme ça ! D'habitude, c'est toi qui donnerais tout pour l'avoir à tes côtés, et là, c'était le contraire !
Il nou
s a expliqué en long et en large que c'était sa faute, qu'il avait peur de toi quand tu étais comme ça...
Qu'il n'avait jama
is voulu te mettre dans cet état, et qu'il était mal à l'aise !
Mais il
a éclaté en sanglots dans des instants qui me paraissaient plus anodins encore...
Il ne t'a pas s
ouhaité un « bonne nuit » depuis des soirs entiers parce que tu ne lui prêtais pas d'attention...
Il voulait te sourire, s'excuser, mais tu n'étais même pas là pour le regarder...
Il voulait te di
re plein de choses, mais tu étais transparent ! Un mur aurait été plus attentif à lui que toi !
Et
pourtant, tu dis qu'il est tout pour toi !
Tu vo
is, quand il m'a dit ça, j'ai aussi chialé ! Je n'ai pas pu m'empêcher de me dire qu'il y a des moments où tu ne te respectes plus...
-... Tu peux
lui dire que je suis désolé ?
-Non. Tu lui di
ras toi-même...
Et pui
s il est temps que tu admettes que c'est Bill qui a fait le premier pas de travers, et que tu voulais juste le résonner ! Le tournant que tu as donné à cette histoire, il n'a ni queue ni tête ! Tu t'es emballé, renfermé, alors qu'il s'est ouvert à toi pendant tout ce temps ! Tu aurais préféré qu'il se renfrogne ?
Hein, tu
aurais préféré ça ?
-Non...

-Alors, il est temps
de lui faire comprendre que sur ce coup là, il a bien réagit ! L'éducation, c'est aussi ça ! Lui faire comprendre ses erreurs, mais valoriser ses bienfaits ! »

Tom tourne enfin ses yeux vers moi ! Je retrace du regard ses paupières rouges, ses cernes noirs, ses pupilles noisette embuées...
« Je vais devenir fou Georg... fou...
-Pourquoi ?
-J
e ne peux pas refaire son éducation...
Je ne suis
pas son parent, je n'en suis pas capable !
-Pour
tant, il faudra bien ! »

Il descend de son rebor
d de fenêtre et se jette dans mes bras !
Etonné
, je ne manque cependant pas de nouer mes mains dans son dos et de le blottir contre moi.
« Non, je ne peux pas...
C'est trop dur...
L'avoi
r perdu, c'est tellement horrible. Devoir le reconstruire, c'est tellement dur...
Tout à la f
ois, je pète un câble !
Je ne suis que son frèr
e Georg...
Je n'e
n suis pas capable !
-Tu n'es
pas son frère, tu es son jumeau...
-C'est quas
i pareil !
-Non Tom...
Il y a ce lien qui t'unit à lui, qui fait que tu es la seule personne à laquelle il peut tenir ! Tu es son jumeau...
-Même, c'est si dur...
-On se
ra à Tom, on sera là... »

Il se laisse presque to
mber dans mes bras...
Je ressens son anxiété et s
a fatigue à travers son corps fatigué, ses muscles engourdis,...
«Tu devrais aller te coucher Tom ! Tu es resté là bien trop longtemps...
-Je ne sa
is pas !
-Ecoute, fais-moi plaisir pour une fois.
..
Va te coucher !
Avance au lieu de reculer... 
»

# Posté le mercredi 02 septembre 2009 03:45