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Chapitre 32

Chapitre 32
« Je ne te connais pas ! »

Et encore
un poignard dans le dos !
Une n
ouvelle gifle manque de partir, mais je me retiens, et pars hâtivement. Derrière moi, je prends le soin de fermer la porte à clé, enfermant Bill loin de tous les dangers.

Je souffle,
enfin ! Mon soulagement est pourtant accompagné de larmes...
Il n'a
pas peur de faire mal, il n'a plus de tact, il n'aime plus personne. C'est dur de voir 18ans de bonheur s'envoler ainsi !
18ans où je l'ai éduqué avec amour...
Et lui qui a perdu tou
te notion de respect !

...Lui qui me
bafouille des paroles insensées ! Il n'a plus aucun sens des valeurs, il ne sait pas que la vie présente des dangers. Et Dieu sait qu'ils sont innombrables.

Je sèche
mes larmes avec mes doigts...
Il ne bouge pas, il ne riposte pas ! Il ne comprend sûrement pas ce qui lui arrive ! Le pauvre ! Et ma conscience qui vient d'en prendre un coup.
C
e n'est pas possible, il joue la comédie...
Comment
peut-il retrouver son apparence du jour au lendemain ?
Il se souvie
nt sûrement de quelque chose !

Mon c½ur
est saccadé et bat à toute vitesse !
Qu'est-ce que
je dois faire de lui ?
Un étranger chez moi, peut-être psychopathe, ça ne me plait pas !
Pe
ut-être que l'interner serait une bonne solution pour qu'il réapprenne le sens de la vie...

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« Mais tu es folle, le mettre à l'asile ?
-Tom, r
egarde ce qu'il est devenu !
- Mais c'est mon
frère !
-Et c'est mon
fils !
-Je me
demande dans quelles circonstances tu le considères comme ton fils !
-To
m ne dit pas de bêtises !
-I
l est hors de question qu'on me l'enlève à nouveau ! »


Je tremble...

La sueur dég
ouline le long de mon visage, et j'imagine déjà Bill criant mon nom dans les couloirs d'un bâtiment duquel il ne pourrait pas sortir ! Deux types en blancs le tiennent chacun par un bras...
Il
s avancent, traînent Bill derrière eux.
Bill c
rie, il hurle, il tente de se débattre. Le noir de ses cheveux et de ses yeux contraste avec les murs blancs.
Il e
st la seule chose que je fixe dans mon champ de vision...

Et moi, je
ne bouge pas ! Des chaînes invisibles me figent sur place...
Il s'é
loigne, il pleure, il hurle toujours !
Des gou
ttes salées envahissent mes joues, et je tends ma main vers lui. Mais elle ne veut pas bouger. Elle est trop lourde !

Bill s'éloigne tou
jours plus...
Et je ne
peux rien faire !
Juste
crier aussi !
Et puis
il disparaît au bout du couloir...

Je m'écro
ule au sol, et me retrouve à nouveau devant la table de la cuisine, face au teint pâle du visage de ma mère.

« To
m tu sais ce ne serait que temporaire !
-Il n'
a pas besoin de ça !
-I
l va faire des bêtises !
-I
l fera ses propres expériences...
-Mais T
om il est dangereux ! Il est fou !
-Non il n
'est pas fou ! Il est perdu ! Il ne sait plus qui il est !
-Et
où est le problème qu'il se fasse suivre par des spécialistes ?
-Si tu ve
ux qu'il devienne fou, alors interne-le !
-I
l retrouvera sa lucidité !
-
Non, maman...
Il devie
ndra taré ! Et tu ne le verras plus ! S'il rentre là dedans, il n'en sortira plus !
-Ne dis
pas de bêtises !
-Si tu
me l'enlèves, je te jure que je te le ferai regretter !
-Tom !
-Tu
n'as pas le droit de lui faire ça !
-Je suis s
a mère !
-Tu n'as plus aucune valeur à ses yeux ! Alors essaye plutôt de gagner son estime !
-Il doit être soigné !

-Il
n'est pas malade ! Et il a besoin de nous ! Pas d'une cage où il sera isolé !
-Tom je
crois que tu ne comprends pas !!
-Il est hors
de question que je te laisse lui faire ça !
-I
l ira mieux !
-Non !
-Et tu veux faire quoi d'autre alors ?
-M'occu
per de lui !
-T'occuper
de lui comme tu l'as fait cet après-midi ?
-S
i je n'étais pas là, il se serait déjà fait tuer par des fans hystériques !
-Tom
je ne le laisserais pas entre tes mains !
-Et
moi je ne le laisserais pas cloisonné avec des vrais fous, derrière des barreaux !
-Mais c'est la
meilleure solution !
-Lais
se-lui du temps ! Il doit se redécouvrir Maman !
-Et si on dit aux m
édecins qu'il est Bill Kaulitz, ils pourront s'en occuper plus...
-Ar
rête de parler de l'interner ! Tu m'énerves ! Laisse-lui sa liberté !
-Il y sera bien !
-Non ! Il doit voler de ses propres ailes !
-Il a
besoin d'être suivi !
-Alors je le ferai !
-Tu n'es pas à la hauteur ! Tu craqueras au moindre obstacle Tom !
-Tu
m'énerves ! »


J
e sens la haine monter...
Mes
poings serrés sur la table auraient déjà frappé si ce n'était pas ma mère !
Je
cache mon exaspération dans mes dreads.
On ne me le prend
ra pas. Pas mon Bill, pas mon frère !
Il n
e se sentira pas bien si on le coupe du monde extérieur !
Et ma mère ne
peut pas prendre la décision seule !
Je l'e
mpêcherai de le priver de sa liberté !
Et je pr
endrai soin de lui.
Car
il est mon frère, celui que j'ai toujours aimé...
Mis à part qu'il
est juste un peu déboussolé !

« Tom tu d
ois comprendre...
-Fais-lui
un lavage de cerveau tant que tu y es !
-Il f
aut que tu acceptes l'idée que Bill ne peut pas être bien avec nous !
-Et
pourquoi pas ?
-Il
doit être suivi !
-Arr
ête de répéter ça en boucle ! Si tu veux que Bill redevienne celui qu'il était, il lui faudra le même terreau familial, les mêmes amis...
-Il ne sera jamais plus pareil ! Il est fou !
-Mais arrête de dire
ça ! Bordel et tu prétends que tu l'aimes ?
Il
faudrait que ta mère t'aime comme tu l'aimes lui !
Je t'interdis d
e l'interner ! S'il a besoin de soutien, moi je serai là ! Et il le sait !
Et je l'
aiderai...
Je l'aimerai,
comme je l'ai toujours aimé !
Et pas en ayant pitié de lui parce qu'il a perdu la mémoire !
Je l'ai
merai sans limites ! Parce qu'il est mon frère, frère de sang, frère de c½ur...
E
t je ne te laisserai pas gâcher une vie qui n'est pas la tienne, SA vie !
Tu di
s toi-même qu'on en a qu'une, qu'elle est précieuse, qu'il faut en prendre soin ! Alors ne lui enlève pas la sienne, du peu qu'il lui en reste ! »


Sans rien
ajouter, je quitte la cuisine en abandonnant ma mère seule devant sa tasse de café. Au passage, je renverse ma chaise...
Je
ne veux plus l'entendre...
Pas ses
propos absurdes, inhumains !

Maman
n'y a vu que du feu, mais je l'ai assez distraite que pour pouvoir reprendre la clé de la chambre de mon double, qui était cachée derrière un pot de fleur sur l'appui de fetre...

Je la tiens f
ermement dans ma main, comme si c'était la clé d'un trésor qui n'avait jamais été découvert...

Et maintenant, je
m'en vais libérer ce trésor...
Le rejoindre,
le prendre dans mes bras, lui promettre que je serai toujours là pour lui...
M
ais surtout, lui rendre sa liberté !

# Posté le mercredi 07 mai 2008 07:34

Modifié le samedi 13 juin 2009 06:51

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