« Bill ? »
C'est la centième fois que je l'appelle.
Mais il ne m'a toujours pas répondu !
Alors je fais encore trois pas, avant de laisser ma voix fatiguée retentir à nouveau.
« Bill ? »
Je ne prononce plus qu'un nom, plus qu'un mot...
Je n'ai pas le courage de faire des phrases.
Je renifle un peu, frotte mes yeux avec ma manche, et continue à marcher.
« Bill ? »
Toujours rien.
Je ne sais pas où il est. Mais j'ai peur...
Et si cette retrouvaille n'était vraiment qu'une « Stich ins Glück » ?
Ce moment magique, qui me brûlerait à jamais, mais que j'avais pourtant tellement désiré pendant sa si longue absence !
Deux rues s'étendent devant moi.
Je ne sais pas si je dois prendre à gauche ou à droite...
Il est peut-être du coté droit, ou peut-être pas. Pareil pour la gauche !
« Bill ? »
J'exhale encore un soupir...
Est-ce que ça sert vraiment à quelque chose ?
Où aller ? Que faire ? Me laissera-t-on encore être heureux dans ma vie ?
Je me souviens qu'étant petits, nous allions souvent au parc !
Nous jouions entre les arbres déracinés...
Nous faisions la guerre !
Et après, nous allions soigner nos blessures imaginaires dans l'eau claire de la fontaine !
C'était la belle époque.
Ce souffle de nostalgie emplit mes pensées, et je prends à gauche.
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Je ne sais pas trop où aller !
La liberté ne devrait pas être en symbiose avec cette solitude !
Moi, je rêvais de pouvoir aller où je voulais, quand je le voulais, mais sans perdre tous mes repères !
Je tourne en rond, autour d'un enclos sur lequel quelques affiches présentent le nom du lieu.
« Parc municipal »
*FLASH BACK*
La porte se referme sur mon nez !
Je me jette dessus et frappe le bois clair.
Un bruit de déclic sort de la planche de bois...
Je pousse sur la clinche et tire sur la porte !
Mais elle ne bouge pas ! Elle ne s'ouvre pas !!
Je m'acharne sur la clinche, qui ne fait que descendre et monter au gré des pressions de mes doigts !!
«Arrête tu n'as pas le droit ! »
Ma voix résonne dans la pièce vide de toute présence, mis à part la mienne.
Je n'aime pas ça !
Je frappe à nouveau la porte...
Je donne des coups de pieds dedans !
Mais elle ne bouge pas !
« Sors-moi de là ! »
Je tape dans le bois, mais regrette bien vite mon geste en massant mes doigts endoloris...
Mes yeux se posent sur ma manche remontée qui laisse apparaître la fin de mon tatouage.
« Heit »
« Laisse-moi sortir ! »
Je me tais, et écoute une éventuelle voix qui serait apte à me répondre. Mais aucun bruit ne se fait entendre ! Pas même les pas de Tom qui s'approcheraient de ma porte !
Je me dirige alors vers mon bureau, et ouvre le tiroir !
Un tas de feuilles volantes en sort.
Je regarde un peu le contenu de la pile de papier après l'avoir recomposée.
La présentation très soignée m'intrigue, et je me dirige vers mon lit pour lire à mon aise.
Je ne comprends pas ce que c'est, du moins au début.
Mais après, je prends conscience que ce sont des paroles de chanson.
Les premières lignes que je lis sont celles d'une dénommée « Schrei ! »
Elles me plaisent bien, et le refrain me donne des idées.
Car au fond, si tout ce qu'il me reste à faire est de crier, peut-être que je devrais essayer !
Je me lève, tape violemment sur la porte, et commence à crier à tue-tête !
« Laissez-moi sortir !
Hey !!
Y'a quelqu'un ?
Youhou ?
Et !!
Tom ?
...
Tom tu m'entends ?
Réponds s'il te plait !
Tooom ? »
Je me décourage bien vite, peut-être trop vite. Mais peut-être qu'en réessayant plus tard, ça ira mieux.
Je me dirige à nouveau vers le lit, et trouve une photo qui glisse de la pile de paroles.
En la prenant en mains, je comprends qu'elle représente Tom, Maman, et moi !
Je souris, la pose à côté de moi, et reprends les paroles de chansons !
Bien vite, je roule en boule celles de « Durch Den Monsun ».
Cet amour platonique n'est pas d'appoint à ce moment.
La suivante me dégoûte rien que par le titre ! « Leb Die Sekunde ! »
Moi, je suis enfermé ici, et on vient me dire que je dois profiter de l'instant présent !
N'importe quoi ! Je chiffonne aussi cette feuille, avant de passer à la suivante !
« Rette Mich » aurait pu m'intéresser si cela ne parlait pas d'une histoire d'amour !
« Freunde Bleiben, Ich bin nicht ich, wenn nichts mehr gehr »...
Sans trouver assez d'idées pour me sortir de là, je chiffonne toutes les feuilles!
L'exaspération monte, et je retourne près de la porte !
« Hého quelqu'un m'entend ?
Toom ?
Aidez-moi !
Tom ?
Tom j'ai besoin de toi !
...
Laissez-moi sortir bordel ! »
Personne ne m'entend ! Personne ne m'écoute !
Je serre les poings, prends les cadres accrochés au mur, et commence à les lancer sur la porte !
« Bordel mais qu'on me réponde ! »
Le bruit du verre qui se brise fait souffrir mes tympans, mais on dirait que je suis le seul à en être affecté !
« Mais vous êtes où ? »
Les cadres se brisent un à un, je crie, je hurle, mais personne ne me répond !
Exaspéré, je retourne sur mon lit !
La photo me tape à l'½il !
Je la serre entre mes doigts, l'approche de mon visage, et contemple attentivement ma mère...
Ses yeux noisette deviennent verts !
Un vert émeraude qui vous saute aux yeux !
Ses cheveux châtains frisés s'allongent, se raidissent, s'assombrissent !
Je commence à crier en déchirant la photo !
« Mais bordel je suis aveugle !
Tu es pareille ! Tu es comme elle !
Pourquoi tu m'enfermes ? Laisse-moi sortir !
Je veux être libre ! Tu entends, libre !!
Tu es pareille que elle ! Que Yasmina !
Je te hais !
Je t'aurai ! Sorcière !
Je ne suis pas un esclave !
Laisse-moi sortir ! Tu n'as pas le droit de m'enfermer ! »
Je me jette sur la porte, essayant de la défoncer ! Elle ne bouge pas !
Mais le pire là dedans est que tout le monde feint de ne pas m'entendre !
« Tom mais pourquoi tu ne me réponds pas ?
Tom ! »
Je commence à m'arracher les cheveux de la tête en retournant vers mon bureau !
D'autres photos tapissent le fond du tiroir !
Sans réfléchir, je les prends, et commence à les déchirer !
Je n'ai même pas envie de regarder ce qu'elles représentent...
Je les déchire juste !
« Je te hais !
Tu es pareille !
Tu entends ? Toi aussi tu veux te servir de moi !
Mais je suis libre !
Et tu ne m'en empêcheras pas !
J'aime la liberté, et tu ne pourras pas me l'arracher ! Que tu le veuilles ou non ! Que tu m'entendes ou non ! »
Toujours rien...
Aucun bruit, aucun son...
Sauf les miens !
Je déglutis ! Il y a quelque chose qui cloche !!
Je me dirige à nouveau vers le lit, et continue à feuilleter les chansons pour me calmer.
C'est à croire que je suis seul, face à mon opinion, mes pensées, ma conscience ! Mais ça ne peut pas durer !
Je lis les titres à toute vitesse, et chiffonne toutes les paroles !
Sauf une feuille!
« Ich brech aus »
Une idée germe dans mon esprit! Ou disons plutôt qu'elle concrétise mes intentions !
Je parcours rapidement les paroles avant de me relever.
« Bordel y'a quelqu'un ici ?
Non ?
Ben je commence à croire que vous le faites exprès !
Et puis je m'en fous...
De toute façon, JE ME CASSE ! »
Toujours rien...
Ca ne m'étonne pas !
Mais il ne viendra pas se plaindre !
Parce que je l'ai appelé et qu'il n'est jamais venu !
Parce que même si je suis son frère, que je lui ai manqué, il n'est pas là pour moi !
Je m'approche de la fenêtre et pose la feuille de paroles sur le bureau.
Ma liberté, on ne me l'enlèvera plus !
*FIN FLASH BACK*
Voilà, vous avez même droit a une suite extra-longue :-D
J'espère que ça vous plait toujours autant!
J'attends plein de commentaires sur cette suite, et j'essayerai de venir répondre !
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my-fic-about-tokio-hotel --> J'avais dit que je ne previendrai plus quand je suite, mais c'est posté tous les mercredis et dimanches... enfin contente que tu sois toujours là :-D
