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Chapitre 36

Chapitre 36
Je continue à courir désespérément dans la rue en appelant mon jumeau à tue-tête !
« Bill ?
Mais tu es où ? »

Trois pas e
n avant, une pause pour scruter les environs, ma voix triste qui retentit dans le silence pesant !
« Bill ? »

Je n'ose
plus imaginer combien de fois j'ai prononcé son nom !
Je frissonne dans la fraîcheur nocturne, et ma peau devient pareille que celle d'un coq déplumé...

Quelqu'un de censé a
urait fait demi-tour jusqu'à son domicile.
M
ais je n'étais plus très censé !
Il n'y avai
t que lui, mon obsession !
Il fallait que
je le retrouve, avant qu'on ne lui fasse du mal, avant que quelqu'un le reconnaisse !

L
a haine emplissait la moindre parcelle de mes pensées !
Contre e
lle ! Elle qui voulait faire de lui un fou, elle qui voulait l'interner, elle qui faisait semblant de l'accepter en argumentant par le simple fait qu'il était son fils.

Mais je
ne la croyais pas ! Son jeu n'était pas très flou !
L
'interner, c'était s'en débarrasser et faire de lui un futur mollusque sans personnalité concrète, qu'on pourrait manipuler à souhait !
Mais mon
frère, je voulais qu'il redevienne cette personnalité forte et ambitieuse !
Et
elle ne l'aurait pas ! Je l'en empêcherais !

La se
ule chose qui manquait à mon frère en ce moment était le sens des convenances.
Marchant
toujours seul dans l'allée sombre en percutant régulièrement un caillou du pied, je continuais à l'appeler, sans vraiment espérer de réponse.
« Bill ? »

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Je
rentre une nouvelle fois dans le parc, contemple la belle fontaine éclairée par les projecteurs, et commence à boiter sur le petit sentier terreux.
Mon genou est douloureux !

Je n'i
rai pas très loin avec lui ! Et puis où aller ?
Qui su
ivre ? Qui espérer trouver ? Qui attendre ?

L'inconnu qui s'ouv
re devant moi me fait peur ! La solitude ne va pas me permettre de me lancer à l'aventure. La liberté, j'ai envie d'en profiter solidairement !

*FLASH BACK*

J'ouvre la
fenêtre ! Le vent s'engouffre dans la pièce et réveille les morceaux de papiers qui se mettent à danser sur le sol.

La fraîc
heur me libère de l'oppression que le confinement m'apportait.
La liber
té m'appelle, et je ne vais pas m'en priver.
Elle
m'appelle, mais je ne vais pas me faire prier beaucoup plus longtemps...

Je saute par-d
essus le bureau, écrase la feuille de « Ich brech aus »...
Mes doi
gts s'accrochent aux bords des châssis, et je regarde le vide avec appréhension.

C'est
haut, mais j'ai fait pire !
« Tom ? »

..
.En dessous, des voix résonnent. Elles semblent se disputer violemment, mais je ne peux pas comprendre la discussion.
Je
me penche en avant, et me laisse caresser par la brise qui réveille mes sens engourdis.
Ell
e m'apaise, me calme, me met en confiance.
Je souris
...
Me
coupe du monde...

Mes doigts lâ
chent prise, et je tombe dans le vide !
Je n'ai p
as peur, car tout était calculé !

Je reto
mbe violemment sur mes jambes qui cèdent sous le choc, et m'écrase au sol, face contre terre...
Ca fait mal !
C
a ne devait pas être aussi douloureux, mais on dirait que j'ai mal évalué ma chute !
Je
grimace, un gémissement m'échappe,...
Je n'
ai pas la force de me relever !

Me voilà do
nc plaqué contre l'herbe, le genou à moitié brisé...
La
seule chose que j'arrive à faire est de me tirer sur mes bras.

Alors j'avan
ce lentement, en rampant sur le sol.

*FIN FLASH BACK*

Le parc e
st vide...
Le froid me
transperce la poitrine.
J'ai envie de vo
ir quelqu'un. Quelqu'un que je pourrais reconnaître, avec qui je pourrais entamer la conversation. Mais je suis seul, isolé avec pour seule compagnie des platanes centenaires desquels émanent une froideur et une rigidité sans égal.

Je masse
mon genou, et tend curieusement l'oreille en entendant un bruit...
On dirait une voix, une voix fatiguée...

Ma
is elle est lointaine !
Je me dir
ige derrière une haie, et m'assis derrière les buissons.
Je préfère
savoir qui rôde à cette heure-ci dans un endroit si triste avant de me laisser repérer !

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« Bill
! »


Me voilà enfin
dans le parc ! C'est ici que les meilleurs souvenirs de mon enfance se sont produits. Ici, et à la fontaine là-bas !
Je
cours vers cette petite vasque dont l'eau claire scintille dans le noir, grâce aux projecteurs !

C'
est magnifique cet endroit...
Cela n
e m'étonne pas que je l'adorais !

Je fris
sonne en revoyant les grands platanes !
Il
s sont au moins dix fois plus haut que moi !

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U
ne ombre traverse le parc.
J
e l'observe avec intérêt, alors qu'elle court vers la fontaine.

P
eut-être enfin quelqu'un à qui parler ! Si du moins cet inconnu semble assez sociable !

# Posté le mercredi 14 mai 2008 08:12

Modifié le samedi 13 juin 2009 07:02

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